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O.CH»/ \CO.OH ^ " — O.CH'/ \CO.OH

Acide opianique.

Acide-alcool encore non isolé.

O.CIl»\p.H./CH».OH O.CH»/ \CO.OH

- H.0 + ^ <^"'\c.i,./C"No

Acide-alcool (dérivé de l'acide opianique).

Méconine (anhydride de l'acide alcool).

L'acide hémipinique est lui-même oxydable et se détruit sous les influences oxydantes qui lui ont donné naissance. En présence de

4Î56 CODÉINE

la potasse, Tacide opianique se dédouble directement en méconine et acide hémipinique, suivant les formules :

2[C«on»oO«] = C*«H»<»0* + C*<>H»oO«

Acide opianiqao. Méconino. Acide hëmipiniqao.

A une température voisine de 200°, ou bien à 100° en présence de

l'eau, la narcotine se dédouble en méconine et cotarnine, d'après

l'équation :

C"n"Az07 = C*»H»«0* + C*«H»5AzO»

Narcotino. Méconino. Cotarnino.

Codéine* — La codéine C^ff'AzO' a été isolée en 1832 par Robiquet : son nom dérive du mot grec xcôor^ qui signifie capsule du pavot. Elk existe en quantité assez notable dans les eaux-mères qui ont servi à la préparation de la morphine : ces eaux-mères sont évaporées jusqu'à cristallisation; le chlorhydrate de codéine, moins soluble, se dépose le premier : ces cristaux sont redissous dans l'eau chaude et la solution précipitée par la potasse caustique, qui dissout la morphine, fournit la codéine sous forme d'une masse huileuse mélangée de cristaux pendant le refroidissement. Pour la purifier, on la redissout dans l'acide chlorhydrique dilué, décolore la solution au noir animal, précipite de nouveau par la potasse et, finalement, on fait cristalliser la codéine en la dissolvant dans l'éther aqueux, soigneusement dépouillé d'alcool, la présence de ce dernier empêchant la cristallisation de l'alcaloïde qui resterait à l'état de liqueur sirupeuse.

La codéine, que l'on obtient aussi par synthèse, puisque ça n'est autre chose que la méthyl-morphine, se présente en cristaux constitués par des octaèdres à base rectangulaire, plus ou moins gros, lorsqu'elle est anhydre, c'est-à-dire lorsqu'elle a été obtenue par cristallisation dans l'éther anhydre : ce sont des prismes ortho-rhombiques contenant une molécule d'eau, soit 5,68 p. 100 lorsqu'elle a été obtenue par cristallisation dans l'éther aqueux. Ces cristaux perdent leur eau à 120°. La codéïne anhydre fond à 150°.

Elle dévie à gauche le plan de polarisation de la lumière : a = — 118°. La codéine présente la propriété de fondre lorsqu'on la met en présence d'une quantité d'eau bouillante insuffisante pour la dissoudre et de déterminer ainsi la formation d'une masse huileuse plus dense que l'eau : elle est beaucoup plus soluble dans l'eau que la

NAaCÉINE 457

narcoUne : IQO grammes d*eau dissolvent 1 gramme 25 de codéine à froid et 59 grammes à rébullition. Elle est insoluble dans Téther de pétrole et les alcalis caustiques, sauf Tammoniaque, qui permet ainsi de purifier la morphine. Elle est très soluble dans Talcool, dans lalcool amylique [16 p. 100], dans la benzine [10 p. 100], dans le chloroforme, assez soluble dans Téther et Téther acétique.

La codéine constitue une base nettement alcaline, bleuissant le tournesol, précipitant les métaux de la dissolution de leurs sels, comme les bases minérales. Elle possède la propriété, lorsqu on la soumet à Taction de Taeide chlorhydrique concentré, de donner naissance à un produit de condensation qu'on a appelé YApocodéme, par analogie avec l'apomorphine qui se forme dans les mêmes conditions. Mais lorsqu'on opère à une température suffisante, 150° en tubes scellés, ou bien par action prolongée, il se forme de l'apomorphine et du chlorure de méthyle, le méthyle se séparant et la morphine se régénérant, en donnant lieu à la formation de son propre produit de coodensation.

La codéine est un produit assez utilisé en thérapeutique, et dont les réactions permettent une différenciation facile d'avec la morphine. Ainsi la codéine ne possède en aucune façon la propriété de réduire lacide iodique; elle ne donne pas également les colorations que l'on obtient en présence du perchlorure de fer ou de l'acide nitrique ; elle donne une coloration verte avec le sulfosélénite d'ammonium.

Narcéine. — La narcéine CH^AzO* peut être retirée des eauxmères incristallisables provenant de la préparation de la morphine par le procédé de Robertson, en les traitant d'abord par l'ammoniaque qui précipite un mélange de narcotine, de thébaïne et de matières résineuses, puis par l'acétate de plomb : on filtre et on sépare l'excès de plomb par l'acide sulfurique; on neutralise par l'ammoniaque et l'on évapore à une chaleur douce jusqu'à ce qu'il se forme une pellicule à la surface du liquide : par refroidissement et après un repos suffisant, on obtient des cristaux que l'on purifie par redissolution, décoloration au noir animal, et cristallisation dans l'eau bouillante : on enlève à l'aide de l'éther, dans lequel la narcéine est fort peu soluble, la méconine qu'elle pourrait avoir entraînée pendant sa cristallisation.

La narcéine constitue de longues aiguilles prismatiques, fines, incolores, soyeuses, de saveur amère et styptique, contenant 2 mole-

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cales d'eau, soit 7,21 p. 100, qu'elles perdent à 110"*. Lorsqu'elle est anhydre, elle fond à 145"*. Elle est très peu soluble dans l'eau. Une partie de narcéine se dissout dans 1150 parties d*eau froide, et dans 945 parties d'alcool froid ; elle est, au contraire, assez facilement soluble dans l'eau bouillante, et beaucoup plus encore dans l'alcool bouillant: elle eçt soluble dans l'ammoniaque ainsi que dans les solutions étendues des bases alcalines et alcalino-terreuses. Ses meilleurs dissolvants sont l'alcool amylique et le chloroforme. Elle est insoluble dans l'éther, les éthers de pétrole et la benzine. La narcéine dévie à gauche le plan de la lumière polarisée ; et, point important, ses sels sont assez facilement dissociés par l'eau, de sorte que les meilleures conditions pour l'emploi de la narcéine, en thérapeutique, seraient celles qu'a indiquées Regnauld, c'est-à-dire l'usage des solutions alcalines faibles : il a montré que 1 gramme de narcéine pouvait être dissous dans 64 centimètres cubes d'une solution d'hydrate de potasse à 1 p. 1000. Cette solution permet de faire] des injections sous-cutanées et même intra-veineuses chez les animaux.

La narcéine possède une réaction particulière, c'est celle de bleuir en présence de l'eau iodée : lorsqu'on ajoute à de l'eau iodée un cristal de narcéine, on voit que ce cristal se colore immmédiatement en bleu intense.

Thébaïne. — La thébaïne C*'H"AzO' est de tous les principaux alcaloïdes de l'opium, celui qui a reçu, jusqu'ici, le moins d'applications. Thiboumery l'isola de l'opium en traitant l'extrait par un excès de lait de chaux et épuisant par l'alcool bouillant le précipité calcaire, préalablement lavé à l'eau et desséché. La solution alcoolique est évaporée à siccité, et le résidu repris par l'éther qui dissout la thébaïne. Un autre procédé, dû à Anderson, consiste à évaporera siccité les eaux-mères alcooliques provenant de la préparation de la narcotine et à reprendre le résidu par l'acide acétique dilué et bouillant qui dissout les alcaloïdes et un peu de résine. On ajoute alors du sous-acétate de plomb, en neutralisant au besoin l'acide libre par de la soude très diluée, jusqu'à réaction franchement alcaline : la narcotine et les substances résineuses sont seules précipitées. L'excès de plomb est précipité par addition ménagée d'acide sulfurique étendu; on le sépare au moyen d'une filtration eCTectuée après quelque temps 4e repos pour permettre au sulfate de plomb de se rassembler, puis la thébaïne contenue dans la liqueur filtrée en est précipitée par

THÉBAÏNE 459

lammoniaque, redissoute après dessicaiion dans ralcool bouillant, et la solution, décolorée par le noir animal, abandonne lalcaloïde sous forme cristalline. On peut encore, suivant la méthode employée par Hesse, agiter avec de Téther la solution aqueuse, préalablement alcalinisée, de Textrait d*opium et épuiser cette solution éthérée avec de Tacide acétique dilué* La; liqueur acide, préalablement bouillie ou évaporée partiellement pour chasser Téther, est versée lentement, et en agitant continuellement, dans une lessive alcaline maintenue en excès. Le précipité, dans lequel la résine n'a pas dû s'agglomérer, est séparé au bout de vingt-quatre heures et redissous dans Tacide acétique étendu : la solution est décolorée à Taide du noir animal et on y ajoute de lacide tartrique en poudre fine. Le tartrate de thébaïne,. fort peu soluble, cristalise peu à peu : on le recueille après vingt-quatre heures de repos ; on le purifie par recristallisation dans Teau bouillante, on sépare la thébaïne par addition d uo alcali et on la fait cristalliser dans Falcool.

L addition d'acide oxalique à la place d'acide tartrique, précipite, dans des conditions exactement semblables, la papavérine.

La thébaïne se présente sous forme de cristaux lamelleux ou d'écaillés d'un éclat perlé, absolument insipide lorsqu'elle est pure, en raison de son extrêmement faible solubilité dans les liquides neutres ou légèrement alcalins. Elle fond vers 125''-130^ Elle est insoluble dans Teau, les alcalis, Téther de pétrole. Le chloroforme la dissout fort peu, l'éther davantage [1 p. dans 140 d'éther]; ses meilleurs dissolvants sont l'alcool amylique [1 p. dans 60 p.], la benzine [1 p. dans 20 p.], et surtout l'alcool [1 p. dans 10 p.]. La solution dans l'alcool présente une réaction alcaline. Les acides étendus la dissolvent également bien ; les sels sont facilement solubles dans l'eau, sauf le tartrate acide, qui ne se dissout que dans la proportion de 1 partie de sel pour 150 parties d'eau à 20°. Les alcalis, y compris l'ammoniaque, ainsi que les carbonates alcalins, précipitent la thébaïne de ces dissolutions.

La thébaïne est assez facilement altérable en présence des acides : elle fournit, comme produits de transformation, de la thébénine et de la thébaîcine^ substances au sujet desquels nos connaissances ne sont pas bien arrêtées. En présence des acides chlorhydrique et bromhydrique, et en tubes scellés, à 90°, la thébaïne perd 2CH' et se transforme en composé possédant la composition C*'H"A20' qui a reçu le

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nom de morpnoihébaine ; il se produit en même temps un gaz combustible, dérivé chloré ou brome d'éthyle ou de raéthyle.

La thébaine est une base tertiaire : elle fournit un seul dérivé acétylé sous Tinfluence de l'anhydride acétique. On a voulu en faire le dérivé diméthylé de la morphine ; mais sa formule ne répond pas exactement à cette hypothèse : il est vrai que, dans la fixation de k composition centésimale de Talcaloïde, il est bien difficile d'être absolument certain de la détermination de 2 atomes d'hydrogène en plus ou en moins. La formule brute C"H*'AzO' = C*'H" (CH*)* iaO\ répondrait en effet à celle de ce dérivé diméthylé : elle ne diffère de la formule C^^H^AzO', le plus généralement adoptée pour représenter la thébaïne, que par H* en plus. Nous verrons plus tard Tintérêt que peut présenter cette remarque.

Papavérine. — La papavérine C***H**AzO* s'obtient en précipitant au moyen de la soude une solution aqueuse d'extrait d'opium : le précipité, composé pour la plus grande partie de morphine, est repris par l'alcool; on évapore cette solution et on traite le résidu par un acide dilué qui sépare les alcaloïdes de la majeure partie des substances résineuses. La solution acide traitée par l'aramoniaque laisse précipiter une matière résinoïde contenant beaucoup de papavérine : on la redissout dans de l'acide chorhydrique étendu et la liqueur est additionnée d'acétate de potassium qui provoque la précipitation d'un composé résineux, de couleur foncée, qu'on lave d'abord à l'eau et qu'on traite ensuite par l'éther bouillant. Cette solution éthérée laisse, par refroidissement, déposer la papavérine sous forme cristallisée. Un autre procédé, recommandé par Hesse, utilise les eaux-mères de la préparation du sel de Grégory. Ces liqueurs sont diluées de leur volume d'eau, précipitées par un excès d'ammoniaque, puis, après fîltration, épuisées par l'éther. La solution élhérée est reprise par l'acide acétique dilué ; et, après séparation de l'éther, la liqueur acide est versée lentement dans une lessive alcaline maintenue en excès et continuellement agitée afin que la résine qui se sépare ne puisse pas s'agglomérer. Lorsqu'on opère avec soin, la plupart des autres alcaloïdes restent en dissolution, etj seules, la narcotine, la thébaïne et la papavérine constituent le précipité insoluble dans l'excès d'alcali. Ce précipité est redissous dans l'acide acétique, on additionne la solution d'alcool et on la neutralise avec précaution, ce qui détermine la formation d'un précipité cris-

PAPAVÉRINE *6i

iallin renfermant la pcLpavérine mélangée à un peu de narcotine. On redissout ce précipté dans Tacide acétique dilué, et on sépare la papavérine en la faisant cristalliser sous forme d*oxa1ate acide, comme il a été dit précédemment a propos de la séparation de la thébaîne sous forme de tartrate acide. Le tartrate de papavérine étant beaucoup plus soluble que celui de thébaïne permet précisément d'effectuer leur séparation. La recristallisation dans Teau bouillante de loxalate de papavérine permet de l'obtenir très pur; et il ne reste plus qu'à ea séparer l'alcaloïde au moyen d'un alcali et de le faire cristalliser dans l'alcool.

La papavérine forme des prismes ortho-rhombiques incolores, insolubles dans l'eau et les solutions alcalines, peu solubles à froid dans 1 ether [1 p. dans 260 p. d'éther], le chloroforme, la benzine et même dans l'alcool : i chaud, elle est, au contraire, bien soluble dans ces dissolvants. Elle possède une réaction faiblement alcaline et un pouvoir rotatoire peu élevé [ol^ = — 4<>]. Elle fond à 148". - En présence de la potasse fondante, elle donne naissance à de l'acide vératrique et à de la diméthyl-iso-quinoléïne. L'acide iodhydrique lui enlève 4CH* et donne naissance à la papavéroline. Par oxydation, on obtient une série de composés complexes, parmi lesquels OQ remarque la cryptopiney la protopine^ etc., aboutissant à la formation d'acide hémipinique, ce qui montre la parenté très étroite de ces bases les unes avec les autres : j'ai déjà fait ressortir celle existant entre la narcotine, la narcéine et l'hydrocotarnine.

Ces propriétés chimiques justifient, comme vous le voyez, la division en deux groupes principaux, celui de la morphine et celui de la papavérine, que je vous ai déjà signalés au sujet du tableau reproduisant l'énumération des alcaloïdes de l'opium actuellement connus; et elles justifient, en même temps, cette opinion que la plupart de ces alcaloïdes ne sont que des produits de métamorphose d'une ou de deux substances fondamentales préexistant dans le suc frais de pavots. Les procédés utilisés pour la séparation de ces alcaloïdes confirment absolument cette interprétation, en raison de l'énergie des réactifs employés et de l'appoint que la brutalité, si l'on peut ainsi dire, de ces procédés, apporte à la réalisation des processus d'hydratation, de dédoublement, d'oxydation, etc.

C'est dans les eaux-mères alcalines ayant servi à la séparation de la morphine et de la codéine que Hesse a pii isoler ks autres alca-

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