ÉTHERS BI-AGIDES DE LA MORPHINE
nique, les expériences qui peuvent être faites au laboratoire sur des animaux tels que le chien.
De tous les dérivés de cette série, celui qui se montra comme lo plus puissant narcotique, ce fut Téther morphine-anilido-carbonique ; mais il ne peut se prêter à Tusage thérapeutique, en raison de sa toxicité et des grandes variations que Ton observe dans les résultats de son emploi.
Parmi les éthers mixtes, un seul corps, plus stable que les précédents a été étudié par von Mering : c'est Fétheracétyl-morphine-éthylcarbonique : cette substance, dont le chlorhydrate est facilement fioluble dans Teau, provoquerait, chez Fhomme, moins de phénomènes secondaires que la morphine.
Nous arrivons maintenant à la série des dérivés bi-acides : ces dérivés résultent, comme je le disais tout à l'heure, de la substitution et dans l'oxhydrile phénolique, et dans l'oxhydrile alcoolique, d'un des atomes d'hydrogène par un radical acide ; M. von Mering a étudié les dérivés obtenus avec les acides acétique, propionique, iso-butyrique et valérianique parmi les acides de la série grasse, et avec l'acide benzoïque pour la série aromatique : ces corps se font remarquer par l'instabilité de leurs solutions et par leur très faible solubilité dans l'eau, telle qu'il faut toujours les employer sous forme de solution acidifiée par l'acide chlorhydrique. Nous ferons de l'héroïne une étude particulière, parce que c'est un médicament intéressant et qui me paraît destiné à prendre dans la thérapeutique une place importante; mais les renseignements que je vous donne en ce moment concernent le groupe de ces corps en général.
Chez la grenouille, ces dérivés bi-acides se sont montrés exercer une action beaucoup plus énergique que celle de la morphine ; ils déterminent beaucoup plus facilement des contractures tétaniques, et la dose mortelle est également moins élevée : chez le chien, l'action narcotique est nettement plus accentuée que celle de la codéine, et l'action tétanisante est également plus intense que celle de la morphine, car il ne faut pas oublier que si la morphine est, dans certaines circonstances, une substance calmante, elle n'est pas sans présenter des propriétés convulsivantes auxquelles il faut songer quand on administre ce médicament.
Chez l'homme, on a essayé la diacétyl morphine, la dipropionylmorphine et la dibenzoylmorphine. Leur action s'est montrée moins