ËTHERS ALCOOLIQUES DE LA MORPHINE
énergique que celle de la morphine. On a obtenu la diminution de Texcitabilité réflexe en général, et surtout, principalement pour Théroïne (diacétylmorphine), une suppression presque complète de la toux, c'est-à-dire la disparition des réflexes donnant naissance à la toux. Mais^ d'autre part, Faction analgésiante est certainement moindre que celle déterminée par la morphine. Enfln, la décomposition relativement facile, et la très faible solubilité dans Teau de ces dérivés en font encore des substances médicamenteuses assez difficiles à employer, susceptibles seulement d'être utilisées dans des circonstances restreintes; ce qui, à mon avis, explique les diflérences dans les résultats expérimentaux obtenus par les divers observateurs, lorsqu'ils se sont servis d'héroïne dans des conditions différentes et absolument dissemblables les unes des autres, les uns disant que les résultats obtenus étaient merveilleux, parce qu'ils avaient certainement employé l'héroïne en dissolution, les autres disant qu'ils n'avaient rien obtenu du tout, parce qu'ils n'avaient pas su dissoudre la substance médicamenteuse ou qu'ils l'avaient laissée se dissocier.
Voyons maintenant quelle va être l'action des dérivés dans lesquels l'hydrogène de l'oxhydrile alcoolique seul est remplacé par un radical acide : et d'abord, la preuve qu'il ne s'agit bien que d'une substitution dans l'oxhydrile alcoolique seul nous est fournie par ce fait que les dérivés qu'on obtient ainsi produisent, directement, avec le perchlorure de fer une coloration bleue ou verdàtre; je vous rappelle que cette coloration caractérise la morphine, en môme temps qu'elle est une preuve de l'existence de cet oxhydrile phénolique, et, par conséquent, une preuve que la substitution a porté sur l'oxhydrile alcoolique et non pas sur l'oxhydrile phénolique qui est resté intact et capable de se manifester par sa réaction habituelle.
Les dérivés que l'on a obtenus dans ces conditions sont, en général, peu solubles : les chlorhydrates d'acétyl et de propionylmorphine sont solubles dans environ 50 parties d'eau; le chlorhydrate de benzoylmorphine ne se dissout plus que dans la proportion de moins de 50 centigrammes dans 100 grammes d'eau.
Chez la grenouille, leur action s'est montrée absolument identique à celle de la morphine. Un point intéressant, c'est que, chez les animaux à sang chaud, l'action de ces dérivés mono-substitués est manifestement moins intense que celle des dérivés bi-substitués dont je parlais tout à l'heure. C'est ainsi, par exemple, que chez un lapin du