CHLORHYDRATE DE MORPHINE
ni céphalée, ni vomissements : c'est là un point qui me parait assez discutable, car Faction émétique des sels de morphine est due à la morphine elle-même et il ne paraît guère possible d'admettre que sa combinaison avec une quantité d'acide bromhydrique aussi faible que celle contenue dans le bromhydrate de morphine soit suffisante pour atténuer ces propriétés émétiques de l'alcaloïde. Je ne fais donc que vous indiquer le bromhydrate que vous pourrez employer. Voici une formule banale d'injections sous-cutanées :
Ghorydrate de morphioe Vingt centigrammes.
Eau distillée de laurier cerise ) ^ a «.
Eau distillée r^ ^ grammes.
Chaque seringue de Pravaz contient donc 2 centigrammes de chlorhydrate de morphine. On peut, sans inconvénients, opérer la dissolution dans 10 grammes d'eau distillée de laurier cerise, surtout au cas où la solution doit être conservée quelques jours.
Il est indispensable de faire certaines remarques au sujet de cette solution. Tout d'abord, elle doit être employée alors que sa préparation est aussi récente que possible. Bien que le chlorhydrate de morphine soit un sel assez stable, il ne laisse pas cependant de se dissocier assez facilement, surtout lorsqu'il est en solution dans une quantité d'eau assez considérable. Sans insister sur les conditions physiques de la dissociation des sels solubles, je n'ai qu'à vous rappeler ce fait que la morphine est un alcaloïde à manifestation basique assez faible, en sa qualité de corps à fonction phénolique : les sels se dissocient donc assez facilement en présence de l'eau.
C'est précisément ce qui arrive dans les solutions aqueuses de chlorhydrate de morphine. Lorsqu'elles sont préparées depuis un certain temps, cette dissociation a lieu, et alors de deux choses l'une : ou bien il se forme un sel de morphine basique, moins solubleque le chlorhydrate, et qui, se déposant au fond de la solution, fait courir le risque d'injecter en une seule fois, en suspension dans le liquide aqueux, une quantité d'alcaloïde capable de provoquer quelques accidents; ou bien il se fait de l'acide chlorhydrique et un dérivé de la morphine et la solution devient plus ou moins complètement inerte. Dans une autre circonstance, et c'est le cas le plus fréquent, il arrive fort bien que le vieillissement des solutions de morphine détermine la formation d'une certaine proportion d'apômorphine, ce qui ne fait qu'augmenter l'activité émétique de cette solution ; et, à ce point de
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