INTOXICATION CHRONIQUE PAR LE SL'LPONAL
13, dont nous allons tout à l'heure interpréter l'action; cl, sous ence de cette médication, on aboutit à une guérison assez longue nir, mais qui fut signalée par la, presque instantanée disparie l'hématoporphyrine dans l'urine.
a encore signalé un assez grand nombre de cas d'intoxication, u moins grave, résultant de l'absorption de 4 gramme et 1 gr. 50 fonal par jour, à la condition que cette administration fût pro- ! pendant une moyenne de quarante à soixante jours, quelquelus. Ce sont toujours les troubles gastro-intestinaux — constiar des vomissements, une diarrhée initiale bientôt suivie d'une pation opiniâtre — qui ont ouvert la marche et qui doivent vous ! en garde contre l'action toxique du sulfonal : parfois, quelques es nerveux, l'ataxie motrice, l'afTaiblissement des réflexes, rarement, très rarement même, un exanthème, constituent les mènes prodromiques des accidents qui peuvent alors se proaccidenta nerveux se montrent aussi quelquefois, chez certains dus tout au moins, d'une façon prématurée, précédant même xidents intestinaux : ils consistent alors principalement en lées, bourdonnements d'oreilles, sensation de vertige, faiblesse [ue et intellectuelle pouvant aller jusqu'à l'impotence complète vous ai déjà signalé cette faiblesse intellectuelle qui se caractélar l'impossibilité de soutenir une conversation, de maintenir tention sur un sujet déterminé; — Ja somnolence, la difficulté parole, parfois du ptosis; et alors éclatent tout d'un coup les es digestifs et les troubles moteurs qui, eux, caractérisent vrail'intoxication par le sulfonal.
même temps, on observe à cette période une diminution notable quantité de l'urine, ce qui est très important à considérer, en ; de ce que cette diminution coïncide le plus souvent avec l'ap- )n soit de la méthémoglobine, soit, surtout, de l'hématoporle. L'urine présente alors une coloration variant du grenat au cerise; elle est fortement acide; on y observe, dans la grande ité des cas, la présence de l'hématoporphyrine, mais on observe nent la présence des pigments biliaires, de l'albumine, de leu- ■s, d'hématies, de cylindres épithéliaux qui ne sont autre chose ;s témoins d'une irritation rénale, d'une néphrite plus ou moins e, c'est-à-dire de la façon avec laquelle le rein réagit sous
rinfluence de réliminatioD du sulfonal. J*ai signalé, au sujet de rexpérimentatioa qu'on a pu faire chez les animaux, l'existence d'héroorrhagies glomérulaires qu'on observe très nettement quand on administre des doses toxiques en une seule fois.
Dans les circonstances dont je viens de parler — , et c'est pour cela que je faisais des réserves quand je parlais de l'action, réputée à peu près nulle, du sulfonal sur les échanges nutritifs — dans ces conditions, les échanges nutritifs sont très profondément atteints : la preuve c'est que dans les urines on voit diminuer l'acide sulfurique, le chlore, l'acide phosphorique ; l'azote total augmente dans des proportions quelque fois énormes et qui rendent compte précisément de Tétat de marasme et d'affaiblissement très rapide subi par l'individu en proie à celte intoxication, et, en même temps, on voit fréquemment apparaître de l'indican, provenant, très probablement, du passage du soufre du sulfonal à l'état de composé sulfo-conjugué.
On mot, pour terminer, sur les lésions anatomiques qu'on peut observer : ces lésions concernent surtout l'épithélium sécrétoire des canalicules contournés et les branches ascendantes des anses de Henle : on observe surtout l'irrégularité du protoplasma et sa dissolution, qui l'emportent sur la nécrose nucléaire ; mais les signes de néphrite toxique sont des plus évidents. On a noté des lésions remarqaablesde fragmentation du myocarde; et, du côté d'autres appareils, des lésions qui n'ont rien de caractéristique mais qu'il faut cependant citer parce cpie leur présence est assez constante : c'est la stéatose du foie — ce fait n'a rien de particulièrement étonnant, puisque nous sommes habitués à voir les substances déterminant un amaigrissement rapide, une déchéance profonde des phénomènes de nutrition, amener la stéatose du foie; — des hémorrhagies pulmonaires et rénales qu'on a pu observer dans un certain nombre de circonstances.
Trional. — J'en arrive maintenant. Messieurs, à l'étude du trional, qui est en quelque sorte un chapitre de l'étude du sulfonal. La préparation du trional est calquée pour ainsi dire sur celle du sulfonal; elle est extrêmement simple ; je vous rappelle que le sulfonal résulte de l'oxydation du produit qui se forme par l'union d'une molécule d'acétone ordinaire, c'est-à-dire de diméthylcétone, avec deux molécules de roercaptan, c'est-à-dire de sulfhydrate d'éthyle. En remplaçant la diméthylcétone par la méthyléthylcétone, on obtiendra le trional ; et en la remplaçant par la diéthylcétone on obtiendra le tétronal.
Le trional se présente sous fonoe de petites lamelles ressemblant beaucoup, par leur aspect, à celles du sulfonal : ce sont de petites lamelles minces, brillantes, beaucoup plus fragiles que celles du sulfonal, beaucoup plus faciles à pulvériser par la simple pression des doigts, tandis que les lamelles du sulfonal sont résistantes et craquent sous la dent. Le trional fond à la température de 76°, tandis que le sulfonal fond à 125° et le létronal à 85*. Le trional est fort peu sotuble dans l'eau, mais cependant plus soluble que le sulfonal. Lorsqu'on eu met une petite quantité sur la langue, il parait insipide, mais au bout de très peu de temps, grâce à la dissolution d'une petite quantité de substance, on éprouve une légère sensation d'amertume, qui est surtout évidente lorsqu'on vient à goûter une solution de trional dans de l'eau tiède. Sa solubilité est plus grande ainsi que je le disais tout à l'heure, que celle du trional, cependant elle D'est pas encore très considérable : l'alcool à 95 0/0 dissout bien le trional, il faut cependant 33 parties d'alcool froid pour dissoudre une partie de trional, et, pour ce qui regarde l'eau et les liquides aqueux, il faut 320 grammes d'eau & la température ordinaire pour dissoudre un gramme de trional : vous voyez que la solubilité du trional est plus considérable que celle du sulfonal, puisqu'il faut un demi-litre d'eau pour dissoudre un gramme de ce dernier corps, mais cependant cette solubilité n'est pas encore suffisante pour permettre d'administrer le trional dissous dans une potion. Elle est plus considérable dans l'eau tiède; à la température de 30° à35°, le trional est sensiblement plus soluble que ne l'est, dans les mêmes conditions, le sulfonal.
Au point de vue de son action physiologique, j'aurai fort peu de choses à vous dire, après les détails dans lesquels nous sommes entrés relativement au sulfonal; cependant, l'action physiologique àa trional diEEère de celle du sulfonal par un certain nombre de points qu'il faut mettre en relief, et qui vont justement expliquer l'énorme supériorité, au point de vue hypnotique, du trional sur le sulfonal : je dis l'énorme supériorité, et j'insiste là-dessus, car c'est un fait absolument certain aujourd'hui que l'absorption du trional est beaucoup plus rapide que celle du sulfonal ; par conséquent, l'effet hypnotique qui doit suivre celte absorption se produit dans un espace de temps beaucoup plus court que celui nécessaire pour la production des moyen du sulfonal.