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L'OPIUM A L'ÉPOQUE DE LÀ RENAISSANCE

celui de Mesué, encore plus ancien, nous montre que Topium figurait habituellement dans les formules des drogues complexes des médecins grecs et arabes : il faisait également partie de son fameux Aniidotus Adriani, que Ton recommandait dans tous les cas désespérés et qui était regardé comme capable d'amener toutes les guérisons.

En 1520, Jacques Dubois, dit Sylvius, dans sa traduction de Mesué qu'il accompagne de commentaires, donne à Topium une importance considérable et bien au-dessus de celle qu'il occupait alors dans la matière médicale d'Europe, car c'était presque exclusivement par les médecins grecs et arabes et leurs disciples que ce médicament était recommandé.

Mais ce furent surtout, à la même époque, c'est-à-dire au commencement du xvi" siècle, Théophraste Bombast von Hohenheim, plus connu sous le surnom de Paracelse, en Suisse et en Allemagne, Fracastor, en Italie, qui imprimèrent à Topium et aux préparations opiacées une vogue qui ne fit que s'accroître pendant plus d'un siècle. Avant de brûler solennellement sur la place publique les œu\Tes de Galien et des Arabistes, Paracelse les avait au moins parcourues et en avait retenu la confection des ihériaques et des antidotes, qui lui servit à composer son fameux Spécifique anodyn dont je vous ai parlé à propos du laudanum de Sydenham, ce remède qu'il appelait modestement la pierre d'immortalité y le fameux remède universel, dont il garda longtemps la préparation secrète. Les polémiques passionnées que soulevèrent d'abord la guérison, ensuite la mort du célèbre imprimeur Jean Froben, mort attribuée par les ennemis du réformateur à l'abus des préparations opiacées, les soins que Paracelse donna au vieil Érasme, tout ces faits concordèrent à donnera son laudanum, car c'est Paracelse qui paraît aussi avoir créé ce mot, une réputation que le tempérament et le savoir-faire du promoteur de ces panacées faisaient tourner habilement au profit de la renommée qu'il voulait acquérir. Fracastor, en imaginant lediascordiunij préparation encore utilisée de nos jours, contribua aussi pour une large part à répandre l'usage des préparations opiacées.

Prosper Alpino, dans la relation de son voyage en Egypte, en 1380, décrivit de nouveau les procédés de récolte du suc de pavots, ainsi que de la préparation de l'opium et du méconium de Thébaïde.

Les disciples de Paracelse, Félix Plater, van Helmont, et surtout

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