ACTION DE L OPIUM SUR LA CIIICULATION
inlerprétatioD , la substance médicamenteuse exercerait d'abord son action sur le bulbe et de là sur le cœur par l'inlermédiaire des pneumogastriques, mais cette dernière interprétation n'est pas, comme Dous allons le voir, en concordance avec les actions physiologiques les plus accentuées et les plus constantes de l'opium. Et en
Fig. 12. — Action de l'opium sur la. circulation chez l'homme.
- Uene supérieure, iracù du ponls. an iphjemogmplic de ilawey. avant l'ingestion d'opium ;
tension #]ïï4e. I.ipno inférionro, tracé après iagestion dopinm : ausmentaiion d'énorgie du
rai ble tension.
- Li^o supérieure, tracé du pouls avant l'ingrelion d'opium ; tension élciéo. Ligne inférieure.
tracé apfïs ingeslion d'opium : noniijre des pulaaiions Sïcru en raison proBrirasivemenl
I normal d'un hoDinie profondément endormi.
eiïet, ce n'est pas une action déprimante que l'opium exerce, à petite dose, sur le système nerveux, c'est au contraire une action excitante : il est donc probable que cette conséquence doit être attribuée à la stimulation du système nerveux dans ce cas. Lorry, Murray, Samuel Bard et un certain nombre d'autres observateurs ont insisté encore
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sur cette atlûm stimulante deJ'activité cardiaque exercée par Topium.
En même temps cm observe au premier abord une augmentation assez notable de la tension artérielle, mais qui fait rapidement place à une diminution de cette tensioi^ : c'est ce que vous montrent les tracés que j'ai fait dessiner ici : la comparaison des tracés de la figure 12 vous montre les phénomènes sur Faafyiels j'insiste en ce moment. Le graphique 1 représente le sphygmogramn^ d'un individu dont la tension artérielle, est forte, comme l'indique le peu d'élévation du tracé, et le graphique 2 montre les modifications déterminées chez le même individu sous l'influence d'une faible dose d'extrait thébaïque. Vous pouvez constater d'abord une diminution considérable de la contractilité du système artériel que traduit leléyation du tracé; puis, d'autre part, un surcroît d'énergie du cœur mis en évidence par la verticalité presque parfaite de la ligne ascendante montrant que l'impulsion cardiaque se fait d'une façon brusque et énergique, alors qu'auparavant elle se faisait suivant une ligne extrêmement oblique. En même temps, la tendance à la formation d'un plateau sur cette seconde partie de la courbe montre qu'il y a eu une augmentation progressive de la tension artérielle avec état stationnaire pendant un moment, caractérisé par le plateau, en même temps qu'un certain état d'inertie du système vaso-moteur.
L'obliquité de la ligne de descente prouve que l'écoulement du sang par les petits vaisseaux est moins facile ; et cette résistance à l'écoulement est encore démontrée par ce fait de la dilatation passive du système capillaire à la suite de la paralysie des vaso-moteurs. Au fur et à mesure que cette hypertension du début s'affaiblit, on voit apparaître un léger dicrotisme, plus apparent dans le graphique 4 que dans le graphique 2. On voit, en efîet, survenir, au bout d'un certain temps, des phénomènes de dilatation capillaire sur lesquels je vais revenir dans un moment. [Partie 1 de la figure 12.]
Le nombre des pulsations est lui-même augmenté, comme vous le voyez par la comparaison des graphiques 3 et 4 : le graphique 3 est pris avant l'administration de l'opium ; le graphique 4 représente le pouls du même individu pris après l'administration de l'opium : laugmentation du nombre des contractions est nette, elle atteint jusqu a un quart; mais ce qu'il y a de remarquable, c'est que cet accroissement du nombre des pulsations est en raison progressivement inverse de la tension. [Partie 2 de la figure 12.]
ACTION DE L'OPIUM SUR LA TEMPÉRATURE 575
Le graphique 5 représente le pouls d*uD individu en état de profond sommeil : je Tai fait figurer là pour vous montrer Tanalogie, h presque identité même, des phénomènes qui se passent du côté de U:, ioirculation sous Tinfluence de Topium et sous Tinfluence du sommeil. [Partie 3 de là figure 12.]
' Je vous disais que sous Tinfluence de Topium une vaso-dilatation oe tardait pas à se produire, et c'est en effet le phénomène le plus coBstant de l'action de doses moyennes et surtout des doses fortes d'opium. On voit se produire, à la surface de la peau, des plaques violacées dues à des stases veineuses ; et on peut les faire disparaître en activant la circulation par un procédé quelconque, notamment par une excitation douloureuse violente. Les expériences de Gscheidlen et de quelques autres observateurs ont montré qu'il se produisait, préaliibleinent à cette dilatation passive, due à la paralysie des vasomoteurs, une période de tétanisation plus ou moins accentuée des petits vaisseaux, et qui est en rapport, précisément, avec l'augmentation passagère de tension que je signalais tout à l'heure comme accompagnant le début de l'action de l'opium sur la circulation.
Quant au sang, les expressions qu'on employait autrefois à son égard sont très imagées, quoique en désaccord apparent : Hufeland disait que le sang était dilaté, CuUen le disait raréfié; mais, quand CD recherche ce que voulaient exactement dépeindre ces observateurs, on s'aperçoit que tous deux veulent dire qu'il se produit une véritable tui^escence, une sorte de pléthore sanguine, qui ne peut s'expliquer que par la réplétion des capillaires élargis, au début par une augmentation de tension active, et, dans la deuxième période, sous l'influence de la vaso-dilatation passive qui s'établit et favorise les hémorrhagies qu'on voit fréquemment se produire dans les cas d'intoxication par l'opium. CuUen regardait même l'opium comme capable de favoriser et de susciter l'écoulement des règles.
Température. — Les variations que l'opium fait éprouver à la température étaient fort bien caractérisées par les anciens, qui l'appelaient un médicament chaud. L'élévation marquée de température qui signale son action est en parfaite concordance, d'ailleurs, avec l'excitation circulatoire sur laquelle a tant insisté Hufeland. L'opium est un médicament fébrigène. Dans l'empoisonnement par l'opium et les opiacés, les sujets éprouvent une impression de chaleur vive et mordicante qui n'est pas un des symptômes les moins pénibles de cette