‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 347 sur 486 · SÉCRÉTION MUCIPARE. URINE. FOIE ET BILE · texte numérisé non relu

SÉCRÉTION MUCIPARE. URINE. FOIE ET BILE

La sécrétion qui subit la diminution la plus frappante c'est la sécrétion mucipare; cette diminution se traduit par un certain nombre de phénomènes, notamment par la sécheresse du pharynx, mais plus particulièrement peut-être par Toligurie; celte oligurie a été attribuée à une sécheresse anormale de la muqueuse vésicale, et avec beaucoup plus de raison, je crois, à Tobtusion de la sensibilité des nerfs cérébro-rachidiens du col de la vessie. La sensation du besoin d'uriner ne se fait sentir que d'une façon plus ou moins vague, en tous cas fort atténuée; et, par conséquent, le réflexe qui consiste à vider la vessie n'est pas aussi obligatoire pour l'individu. Mais, à côté de cela, il faut noter une diminution très notable dans le volume des sécrétions, sous l'influence de l'opium ; toutes les fois, par exemple, qu'il a été nécessaire de sonder un malade auquel on avait administré une quantité assez notable d'opium, tous les observateurs ont noté constamment une diminution très considérable dans la quantité de l'urine sécrétée, et Balthazar de Tralles avait insisté sur l'oligurie déterminée par l'opium. C'est là un fait qui trouve son application au point de \'ue thérapeutique; vous savez, en effet, que le diabète insipide est très amélioré par l'opium; et cette amélioration résulte, pour une large part, de la diminution de la sécrétion urinaire.

Le foie est affecté par l'opium d'une façon assez particulière : sous son influence, on note une dépression de l'activité de cette glande quant à la sécrétion biliaire. Cette dépression se traduit par la décoloration des matières fécales et par ce fait que les produits biliaires étant sécrétés en beaucoup moindre quantité, il en résulte une diminution de la stimulation intestinale qui vient s'ajouter à l'action hypocrinique exercée déjà sur les sécrétions des glandes de l'intestin. L'opium manifeste ici une action extrêmement complexe, car, sous son influence, l'activité glycogénique est, au contraire, excitée; et il résulte des recherches de Claude Bernard qu'on peut déterminer, chez les animaux tout au moins, un diabète passager par l'administration, en une seule fois, d'une quantité un peu considérable d'opium. La diminution notable des sécrétions des glandes intestinales, ainsi (}ue de la quantité de mucus, jointe encore à la diminution de la sécrétion biliaire, la consistance des fèces moins fluides et moins irritantes, et en même temps une sorte de parésie que Topium imprime à la tunique musculaire de l'intestin, expliquent précisément la constipation qui résulte de l'ingestion de l'opium en certaine quantité.

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