MODIFICATIONS DES FONCTIONS PHYSIOLOGIQUES
cette époque renfermait sans doute quelque impureté, quelque substance spéciale exerçant une action particulière sur Torfranisme.
Parmi les différents principes de Topium, la morphine détermine une action noosthénique qui entre, pour une large part, dans Taction déterminée par la drogue entière ; mais, à côté de la morphine, certains des autres alcaloïdes de Topium possèdent à un degré peut-être encore plus considérahle cette propriété céphalique et exhilarante : c'est ainsi que la codéine, par exemple, possède, sous ce rapport, une activité remarquable encore dépassée par celle de la dionine. J'insiste sur ce point que je vous ai signalé déjà, que la stimulation purement intellectuelle est infiniment moins développée sous Tinfluence de la morphine qu'elle ne Test sous l'influence de l'opium en nature. C'est là un des caractères les plus différentiels qu'on puisse observer entre l'action de l'opium entier et l'action de la morphine pure.
Si l'on cherche à appliquer à l'action déterminée par l'opium les méthodes d'analyse qui ont été imaginées par Flourens et Longet au sujet de l'étude des substances hypno-anasthésiques, et particulièrement des diverses phases de l'éthérisation, on voit que ce sont successivement les lobes cérébraux, le cervelet, la protubérance, le bulbe et enfln la moelle qui entrent dans la sphère d'action de la substance active, au fur et à mesure que les quantités en sont plus considérables : il ne s'agit pas, bien entendu, de transport mécanique successif de l'opium dans les diverses régions des centres nerveux, car le fait du coup de bélier cardiaque imprime à la circulation une activité telle, que, presque au même moment, les différents territoires organiques dont je viens de parler vont tous se trouver en conflit avec la substance active; cela veut dire simplement que l'impressionnabilité de ces divers territoires est différente, et qu'il s'agit là, non seulement d'une question d'impressionnabilité différente, mais aussi d'une question de dose. Les doses qui agissent sur les hémisphères et modifient l'activité intellectuelle ne sont pas encore capables de réactionner les autres régions de Taxe cérébrospinal, au moins au point de déterminer des phénomènes objectifs.
La région qui va, la première, éprouver l'influence de l'opium, est constituée par les hémisphères cérébraux : cette influence se traduit par la période d'excitation généralisée qui caractérise le début de l'action de l'opium; puis, au bout d'un temps variable, le cervelet