‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 364 sur 486 · MODIFICATIONS DES PONCTIONS PHYSIOLOGIQUES · texte numérisé non relu

MODIFICATIONS DES PONCTIONS PHYSIOLOGIQUES

satîon de bien-être, et d'accroissement de force, qui fait rechercher Topium par tant de morphinomanes; la stimulation intellectuelle avec exhilaration; enfîn la diaphorèse, la soif et la diminution de Tappétit.

Certes, si les phénomènes qui succèdent à Tingestion d'une certaine dose d'opium étaient constants et ne dépassaient jamais ceux que je viens de résumer, ce serait un moyen admirable de réaliser un paradis perpétuel ; mais, à cette phase d'excitation succède bientôt une phase de dépression, d*autant plus accentuée que l'excitation a été elle-même plus intense, et je ne saurais trop insister sur ce fail que cette dernière phase est tellement pénible, qu'il faut une extraordinaire force de caractère pour ne pas recourir alors immédiatement au stimulant capable de procurer de nouveau les sensations si agréables du début. De là, tout naturellement, la pente fatale par laquelle on arrive à l'opiomanie et à la morphinomanie ; car, sous l'influence de cette répétition des doses, apparaissent les troubles des fonctions stomacales et intestinales, la constipation, la lourdeur de tète, rhéi)étude, la difficulté et la lenteur du fonctionnement cérébral en dehors de la période de stimulation; par conséquent, la nécessité de recourir plus que jamais au stimulant et d'en augmenter la dose, en raison des phénomènes d'accoutumance sur lesquels j'ai appelé précédemment votre attention : on tombe alors peu à peu dans les accidenbi que nous étudierons plus tard en traitant de la morphinomanie.

Si les doses sont élevées d'emblée, c'est alors l'action hypnotique particulière de l'opium qui prédomine, mais ce sommeil est une sorte de narcose toxique; et l'on voit apparaître des effets en complet désaccord avec l'excitation précédente : la lenteur du pouls et de la respiration; l'abaissement de la température; des taches livides ou violacées à la surface de la peau, causées par l'embarras de la circulation capillaire; puis le coma stertoreux, enfin la mort avec ou sans convulsions préalables; tout cela, dans des conditions absolument identiques à celles dans lesquelles la mort se produit chez les individus qui sont soumis soit à l'action du froid, soit à l'action de l'alcool.

Action sur la nutrition. — Un mot, pour terminer, sur la façon dont les échanges oi^aniques sont intéressés par l'opium. Le fait le plus remarquable, c'est la diminution considérable du mouvement de désassimilation. On a tablé sur ce fait pour employer l'opium

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