‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 365 sur 486 · ACTION DE L'OPIUM SUR LA NUTRITION · texte numérisé non relu

ACTION DE L'OPIUM SUR LA NUTRITION

dans la cure du diabète, de même qu'on a utilisé son action dépressive sur les sécrétions dans le traitement de la polyurie simple.

Sous l'influence de Tingestion de Topium, on voit survenir un amaigrissement et une perte assez rapide des forces, résultant bien plus de rinsuffisance de la nutrition que de phénomènes de dénutrition exagérée. Je vous ai signalé déjà, à propos de l'action de l'opium sur la respiration, la diminution notable de la proportion d'acide carbonique exhalé, mais ce n'est pas là tout : on observe également une diminution de la quantité de l'urée, de l'acide sulfurique, de l'acide phosphorique et du chlore dans l'urine; vous voyez, par conséquent, que les phénomènes de dénutrition sont manifestement diminués, déprimés, et cela est en accord avec la série des phénomènes qu'on peut observer sous l'influence de l'ingestion de doses répétées d'opium. Un fait remarquable est celui-ci : la sécrétion de l'urée n'est pas modifiée d'une manière appréciable par la morphine et la narcotine; elle est au contraire augmentée sous l'influence de la thébaïne, de la papavérine et de la narcéine. Malheureusement Fubini, à qui on doit les recherches dont je viens de vous exposer les résultats, n'a pas donné d'indication sur la façon dont l'azote total des urines est influencé par ces difljérents alcaloïdes ; mais néanmoins, vous pouvez voir que l'action de l'opium est loin de pouvoir être interprétée — les faits précédents seuls suffiraient à le prouver — soit en tenant compte de l'action des divers alcaloïdes qui le composent, soit seulement du plus important de ceux-ci, au point de vue quantitatif, je veux dire de la morphine.

J'insiste sur le ralentissement marqué des mutations, de la désassimilation nutritive. Le besoin de réparation est extrêmement réduit, on pourrait dire qu'il est réduit presque au minimum; et on en arrive, en quelque sorte, à une anorexie physiologique, justifiée par ce fait du besoin minime de réparation nutritive. On trouve encore ici une assez étroite analogie entre l'opium et l'alcool, par rapport à ce qu'on a si malheureusement et malencontreusement appelé des agents ^épargne. C'est précisément à ce point de vue que l'emploi de l'opium a été mis en œuvre par des individus ayant à fournir une grande somme de travail sans être assurés d'une réparation alimentaire suffisante : c'est ainsi par exemple que l'opium est em})loyé utilement par les courriers tartares, lorsqu'ils s'engagent à travers les steppes pour de longues courses. Les travailleurs de l'Inde utili-

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