‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 367 sur 486 · RÉSUMÉ DE L'ACTION PHYSIOLOGIQUE DE L'OPIUM · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ DE L'ACTION PHYSIOLOGIQUE DE L'OPIUM

d opium. Cette action particulière disparaît par l'accoutumance et il ne subsiste plus alors que l'action excitante dont je parlais tout à Theure. Enfin, des doses énormes, administrées en une seule fois, peuvent supprimer, plus ou moins complètement, l'excitation du début et produire une véritable sidération d'emblée.

L'excitation des facultés intellectuelles est plus profonde, plus puissante et plus complète que celle provoquée par les autres stimulants intellectuels, les alcools, les essences, etc., même le chanvre indien; et surtout beaucoup plus eflective encore que celle exercée par les caféiques. Enfin, et c'est là un fait très intéressant, en désaccord avec les données habituellement reçues, mais qui n'en est pas moins certainement vrai, l'insomnie, sous l'inHuence de l'opium administré à an individu sain et qui ne souffre pas, est au moins aussi fréquente que le sommeil; et l'habitude de l'emploi de l'opium la rend permanente. Nous verrons, en effet, qu'un des véritables supplices des morphinomanes est celui de ne plus pouvoir, sous aucun prétexte, et quelles que soient les conditions dans lesquelles ils se placent, obtenir le moindre sommeil.

Par le puissant mouvement d'expansion que provoque l'opium, il augmente très notablement l'exhalation cutanée, il diminue les sécrétions, et, plus particulièrement, les sécrétions intestinale et urinaire; et à ce sujet, au sujet de la diminution des sécrétions internes particulièrement, on peut se demander à très juste titre si l'opium n'exercerait pas sur certaines de ces sécrétions internes, dont des travaux physiologiques récents nous ont appris l'énorme importance, une action dépressive telle que certains des phénomènes graves de la morphinomanie, dont l'interprétation est assez difficile, pourraient recevoir une explication qui n'a pas été trouvée jusqu'ici.

Enfin, la désassimilation est notablement diminuée, mais l'assimilation également est fort ralentie, et entravée dans une notable proportion.

Quant aux grandes indications de l'emploi thérapeutique de l'opium, il résulte des faits que je vous ai exposés jusqu'ici que c'est à l'élément nerveux, à l'élément spasme, à l'élément douleur, que s'adresse plus particulièrement la médication opiacée — que ces phénomènes soient essentiels ou symptomatiques, — pourvu qu'ils soient liés à un état d'asthénie, de faiblesse, de dépression : dans ce cas, le pouls petit, mou, dépressible, semble, comme disaient les anciens, ou tout

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