‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 368 sur 486 · EMPLOI THÉRAPEUTIQUE DE L*OPIUM · texte numérisé non relu

EMPLOI THÉRAPEUTIQUE DE L*OPIUM

au moins les cliniciens du siècle dernier, indiquer absolument remploi de Topium. Au contraire, une contre-indication, formelle cellelà, c'est la phlogose, Tétat inflammatoire, Tétat d'éréthisrae sanguin, Tétat de surexcitation circulatoire ou générale : alors le pouls plein, et surtout le pouls plein et dur, comme le disaient si bien Bordeu, Sydenham, Cullen, Hufeland et tous ces auteurs du siècle dernier qui se sont tant et à si juste titre occupés de l'opium, ce symptôme est une contre-indication formelle à son emploi qui, loin de donner de bons résultats, ne pourra, dans ce cas, que produire des accidents graves.

Aux doses diététiques, c'est-à-dire à ces doses petites ou modérées chères aux opiophages, on observe ^accélération et le renforcement du pouls, l'excitation de l'esprit, une diminution légère de la sensibilité générale, le rétrécissement des pupilles, un apaisement de la faim et de la soif, une diminution des sécrétions, et enfin cette impression voluptueuse plus intense et plus profonde dans l'accomplissement des fonctions sexuelles, sans que, comme je le disais tout à l'heure, l'opium puisse être envisagé pour cela comme un aphro* disiaque dans le sens absolu du mot.

L'accoutumance aux effets de l'opium est extrêmement rapide; nous y reviendrons, d'ailleurs, en parlant du morphinisme; et en raison précisément de cette accoutumance si facile à obtenir, l'usage habituel de l'opium est encore plus dangereux que celui de Talcool; nous verrons, en effet, que le morphinomane est un individu encore plus dépourvu, plus incapable de volonté que ne l'est l'alcoolique. La dépression plus ou moins profonde qui suit toujours l'excitation déterminée par l'opium , entraîne presque fatalement le retour à l'excitant et l'augmentation des doses; mais je tiens à vous faire remarquer ici que la cachexie qu'on observe sous l'influence de l'emploi prolongé de l'opium est bien moins rapide et moins profonde que celle qu'on observe sous l'influence des seules injections de morphine, et que, de plus, sous l'influence de l'opium, la stimulation intellectuelle et psychique est plus prolongée en même temps que plus charmeuse et plus délicate, plus immatérielle, si l'on peut ainsi dire.

J'aurai terminé ce que je voulais vous dire h propos de l'action physiologique de l'opium, lorsque je vous aurai cité ce passage de Hufeland, qui me paraît résumer, dans la perfection et avec une

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