CONDITIONS CAPABLES DE PAIRE VARIER L'ACTION PHYSIOLOGIQUE
Téritable éloquence, les qualités de ropium que je viens de m'eflbrcer de vous exposer :
< Quelle substance possède au même degré que Topium cette propriété de répandre des consolations sur la vie! Je ne crains pas d avancer que, n'en eût-il pas d'autres, nous devrions voir en lui Tun des plus grands bienfaits de la Providence, comparable, sous ce rapport, au sommeil qui marche en frère à ses côtés.
« Nul moyen n'est aussi propre que lui à calmer les douleurs, à diminuer les angoisses, à les faire cesser pendant quelque temps... »
Reprenant ators une phrase qu'on attribue à Sydenham, mais qui, en réalité, doit remonter jusqu'à Sylvius de le Boë, car c'est lui qui la dite le premier, Hufeland s'écrie :
< Qui voudrait être médecin sans opium? Combien de malades ce médicament n'a-t-il point arrachés au désespoir! Car, ce qu'il y a de plus remarquable dans ses effets, c'est qu'il ne se borne point à faire cesser les douleurs physiques, mais donne de l'énergie à l'àme, la relève et lui procure du calme.
€ L'un des effets les plus précieux de cette propriété calmante est celui qui consiste à rendre la mort plus douce dans les cas difficiles, à procurer cette Euthanasie qui est aussi un devoir sacré pour le médecin et son plus beau triomphe quand il ne peut plus retenir les liens de la vie. Non seulement l'opium enlève les douleurs de la mort, mais il inspire le courage de mourir; il contribue même physiquement à (aire naître la disposition morale qui rend l'esprit apte à s'élever dans les régions célestes. »
Ce passage me paraît déceler, à la fois, les qualités morales d'un profond philosophe et le talent d'observation d'un grand médecin : ce sont les raisons pour lesquelles j'ai cru devoir vous le rappeler ici.
Quelques mots, à présent, sur les conditions qui font varier l'action physiologique de l'opium. Ces conditions sont relatives à plusieurs circonstances, à Tàge, au sexe et aux idiosyncrasies principalement.
Ag^e. — Relativement à l'âge, les enfants manifestent vis-à-vis de l'opium une impressionnabilité extrême et, chez eux, la période d'excitation est à peu près nulle : d'emblée, on voit apparaître la période soporeuse et le coma, par conséquent, les manifestations toxiques de l'opium. Trousseau rapporte le cas d'un enfant d'un an qui tomba brusquement dans un état comateux sous l'influence d'une seule goutte de laudanum. Charles West signale également