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dans ses c Leçons su)'' les maladies des enfants » plusieurs cas d'accidents plus ou moins graves, quelques-uns même mortels, survenus chez les enfants à la suite de l'administration de ropium;et enfîn, Parrot proscrivait absolument l'opium de la médication infantile. Cette proscription absolue est peut-être exagérée, car, en somme, l'opium est capable de rendre de grands services dans la médication infantile; mais les faits que je viens de citer montrent que si les enfants ne sont pas intangibles à l'égard de l'opium, tout au moins est-il nécessaire d'apporter avec eux, dans l'administration de cette substance médicamenteuse, une circonspection et une surveillance tout à fait particulières : il faut alors administrer les préparations opiacées à très petites doses réfractées, successivement et lentement accrues. Il faut toujours se souvenir de ce fait que, dans une statistique anglaise, due à Christison, on a relevé, sur m morts causées par l'opium, celles de 72 enfants.
Quelle peut être la cause de la susceptibilité si particulière des enfants relativement à l'opium? Lorsque nous étudierons la morphine, j'aurai l'occasion d'insister sur l'action tout à fait particulière que cet alcaloïde exerce sur les cellules nerveuses cérébrales ; je veux seulement vous faire remarquer ici la diflFérence considérable qui existe dans le poids proportionnel du cerveau par rapport à la masse totale. Chez l'enfant nouveau-né, le cerveau représente le dixième du poids du corps; il est d'environ 330 grammes. Chez l'adulte, cette proportion est égale au quarante-sixième du poids du corps, le cerveau d'un adulte pesant, en moyenne, 1390 grammes. En d'autres termes, le poids du cerveau, rapporté au kilo de masse totale, varie de 21 à 23 grammes pour l'adulte, et de 95 à 110 grammes pour le nouveau-né. Chez les enfants, le poids proportionnel du cerveau est donc près de cinq fois plus fort que chez l'adulte; et, étant données l'impressionnabilité particulière d'un cerveau d'enfant, l'activité plus grande de sa circulation, en rapport, en outre, avec le volume de l'organe, et l'action éminemment élective exercée par la morphine sur la cellule nerveuse encéphalique, il me semble qu'il y a là une explication très rationnelle de la susceptibilité que l'enfant montre, non seulement à l'égard de l'opium, mais encore à l'égard de la morphine.
C'est faits sont d'ailleurs en rapport très étroit avec les expériences de Charles Richet sur la dose convulsivante de cocaïne chez les animaux, expériences que j'ai eu l'occasion de mettre sous vos yeux