PHÉNOMÈNES D'HYP£RESTH£SIE
élective sur les cellules nerveuses. Il y a, en quelque sorte, une véritable prise de possession de la cellule nerveuse, dans le tétanos, rhydrophobie ou toute autre affection analogue, qui empêche Faction médicamenteuse de Topium de s'exercer; je vais revenir dans un moment, à propos de Tantagonisme et de Tantidotisme, sur ce qu'il faut entendre par cette prise de possession pour vous bien faire comprendre ce que je veux dire.
Au contraire, chez les individus affaiblis, les blessés les individus victimes d'un choc traumatique violent, les convalescents chez lesquels le système nerveux est en état d'alanguissement, on voit l'opium produire des phénomènes exagérés.
B. Hyperesthésie. — Les phénomènes d'hyperesthésie sont, de beaucoup, les plus nombreux parmi les anomalies que l'on peut observer sous l'influence de l'opium. A côté des doses formidables dont je vous ai parlé tout à l'heure, et qui n'ont déterminé aucun accident, je vous citerai le fait rapporté par Marc, d'après Werner, de cette femme qu'un lavement contenant seulement 7 milligrammes d'extrait thébaïque, plongeait dans un état lipothymique dont on avait beaucoup de peine à la tirer. Dans un autre cas, chez un homme, cette fois, 2 centigrammes d'extrait thébaïque, administrés par la voie buccale, déterminèrent des accidents extrêmement graves ; et la mort fut très péniblement conjurée.
Ce sont là des faits extrêmes que je vous cite, tant dans les cas d'absorption exagérée d'opium non suivie d'accidents, que dans ceux de doses très minimes entraînant des accidents graves; et, comme vous le voyez, il y a une marge formidable entre ces deux ordres de doses. Mais ce sont des chiffres qu'il est bon de se remémorer, pour être toujours très prudent et scrupuleux dans l'emploi qu'on peut faire des préparations opiacées.
Il faut toujours étudier soigneusement la susceptibilité, l'impressionnabilité de son malade, avant de lui administrer une dose, même modérée, d'opium ; car c'est une des substances médicamenteuses avec lesquelles on est le plus facilement surpris par des phénomènes d'idiosyncrasies absolument impossibles à prévoir. On ne doit commencer l'administration que par de faibles doses ; et l'on n'est autorisé à les répéter ou à les augmenter que lorsque l'observation attentive du sujet a fourni la certitude qu'il possède, pour ce médicament, le degré moyen habituel de sensibilité.
PHÉNOMÈNES DE PARESTHÊSIB
esihésie. — Relativement aux phénomènes de paresthésie, irvé assez fréquemment des individus chez lesquels l'emploi ?n, loin de donner lieu aux phénomènes, soit d'excitation, dation, dont je parlais tout h l'heure, donne lieu à des phéabsolument difTérents, et n'ayant en quelque sorte aucun vec l'action physiologique que nous avons reconnue à cette ; médicamenteuse. C'est ainsi que chez certains individus sous t'influence de faibles doses, un état lipothymique convec l'a-ction cordiale et la stimulation vasculaire que l'opium e toujours dans ces conditions. Chez d'autres, c'est de la i; chez d'autres encore, on voit survenir une exaspération jmènes contre lesquels on administrait l'opium, très juslelleurs, en croyant amener leur sédation : ainsi l'on a pu le ■ tantôt comme purgatif, tantôt déterminer une irritation sie et de l'urèthre, ou bien de l'insomnie. Enfin, dans cer- , ainsi que le mentionne J. Hunter, on a vu l'ingestion de léterminer un sentiment de malaise ; et se conduire absolumme un véritable poison, en prenant ce mot poison dans jtion vulgaire.
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XXVIIP LEÇON
SYNERQiaUES ET ANTAGONISTES DE L'OPIUM. — PRÉ- TENDU ANTAGONISME ENTRE L'OPIUM ET LA BELLA- DONE. — CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR L'ANTA- GONISME. — ANTAGONISME VRAI ET FAUX, COMPLET ET INCOMPLET. — ANTAGONISME ET ANTIDOTISME.
J'arrive à une question très intéressante, celle des synergiques et des antagonistes de Topium : cette dernière surtout est tellement importante, et les idées émises à cet égard dans certaines circonstances me semblent tellement superficielles et incompatibles avec les données expérimentales incontestables, que je crois absolument nécessaire d'entrer dans quelques détails à ce sujet, et de vous faire voir comment il convient de concevoir cette action d'antagonisme.
Des causes d'ordre pharmacodynamique peuvent faire varier l'action de l'opium, tout comme des causes d'ordre physiologique ou patholologique : cette action sera exaltée par les synergiques et plus ou moins atténuée par les antagonistes.
Les substances synergiques de l'opium sont surtout celles que l'on peut envisager comme synergiques au point de vue cardiaco-vasculaire : c'est vous dire tout de suite que les alcools et les essences seront les principales; ces essences, nous irons les chercher de préférence parmi les Ombellifères^ les Crucifères^ les Labiées : ce sont en effet, avec l'alcool, les substances qui sont le plus énergiquement synergiques de l'action de l'opium. Au point de vue hypnotique, la synergie est moins nette et ne peut guère être mise en jeu que par les hypno-anesthésiques, ou par le chloral, ce terme de transition entre les hypno-anesthésiques et les hypnotiques. Je vous rappelle ici cette remarque, faite par Halle, que le camphre augmenterait notablement la valeur hypnotique de l'opium»