‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 376 sur 486 · ANTAGONISME APPARENT · texte numérisé non relu

ANTAGONISME APPARENT

j'ai eu Toccagion d'attirer votre attention sur les circonstances, malheureuses à mon avis, dans lesquelles on employait le nitrite d'arayle à titre de substance antagoniste des accidents cocaïniques et chloroformiques. Je vous ai montré ceci : tandis que la cocaïne détermine la vaso-constriction et l'élévation de la tension sanguine, le nitrile d'amyle détermine la vaso-dilatation et l'abaissement de la leDsion sanguine. Mais, par quel mécanisme se produisent ces deux actions? Eh bien, au fond, l'action physiologique est la même, elle s'adresse simplement à des mécanismes opposés : dans un cas, la cocaïne stimule les vaso-constricteurs; dans l'autre cas, le nitrite d'amyle stimule les vaso-dilatateurs. Et alors, cette action du nitrite d'amyle qui, en apparence ^ est antagoniste de celle de la cocaïne, ne constitue pas une action antagonistique vraie, car il s'agit seulement de phénomènes différents produits par une action de même nature, l'excitation. Et j'insistais à propos du chloroforme, en disant que rindividu sous le coup de la syncope chloroformique est merveilleusement préparé pour que l'action du nitrite d'amyle achève de le tuer : employer le nitrite d'amyle à ce moment-là, cela me paraît employer la belladone pour conjurer l'empoisonnement par l'opium, et réciproquement.

Je vais vous en donner d'autres exemples, car je veux porter la conviction dans votre esprit et je veux que cette conviction repose sur des faits indéniables : ces faits, les voici. L'un des types d'antagonisme a été représenté par l'opposition des effets existant entre Tatropine et Tésérine parce que, aussi bien par action locale que diffusée, l'atropine dilate la pupille, tandis que l'ésérinc la contracte : c'est vrai pour ce résultat considéré isolément; mais si l'on veut pousser la comparaison plus loin et rechercher de quelle manière les divers systèmes de l'économie sont impressionnés par chacun de ces alcaloïdes, on s'aperçoit que l'atropine et l'ésérine n'agissent pas sur tous les mêmes éléments anatomiques.

On peut résumer ainsi les effets produits par chacun de ces alcaloïdes. L'atropine dilate la pupille; elle abolit l'irritabilité musculaire et l'excitabilité des nerfs sensitifs; elle accroît l'action du cœur, augmente la tension artérielle en excitant le grand sympathique; ses effets d'excitation, tant sur le cœur que sur la respiration, sont exaltés même après section des nerfs pneumogastriques. L'ésérinc contracte la pupille; elle respecte l'irritabilité musculaire; elle augmente Texci-

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