ANTAGONISME INCOMPLET
labîlité des nerfs sensitîfs ; elle arrête le cœur, même après section des nerfs vagues, par suite d'une action directe sur les ganglions intracardiaques ; enfin, elle diminue la tension artérielle et le nombre des mouvements respiratoires.
Le contraste paraît frappant, surtout sous Tinfluence des doses faibles, mais il n'est pas difficile de trouver des effets communs, par exemple, la paralysie de la moelle et l'abolition de l'excitabilité des nerfs moteurs. Ces effets identiques, réalisés à de certaines doses, s'ajoutent alors et peuvent devenir fatalement mortels. De plus l'intensité d'action est différente ; l'ésérine est plus toxique que l'atropine, mais elle agit un peu plus lentement et prolonge davantage ses effets. Pour nous en tenir aux phénomènes les plus frappants, l'atropine excite les ganglions intracardiaques, l'ésérine les paralyse; et, en ce qui regarde la dilatation pupillaire, c'est l'action excitante exercée par l'atropine sur le sympatique et les fibres radiées 'de Firis qui la détermine, tandis que l'ésérine produit leur paralysie. Mais, si nous injectons l'atropine à dose toxique chez les animaux, nous verrons survenir, à la fois, la paralysie du système nerveux et du système moteur; l'ésérine, au contraire respecte le système moteur : nous dirons alors que ces deux substances sont des antagonistes incomplets; et si cet antagonisme paraît efficace à faibles doses, il tend à disparaître, au moins en partie, aux doses élevées. Et vous allez voir dans un instant à quoi cela nous amène quand les doses devront être élevées.
Un antagonisme beaucoup plus vrai est celui qui existe entre l'atropine et la choline, la névrine, plus encore la muscarine, mais surtout la pilocarpine. Avec la pilocarpîne, l'action porte alors en sens précisément inverse sur les glandes salivaires, sudoripares, mammaires, le pancréas, le cœur, l'iris. Si l'on peut ainsi dire, l'antagonisme est de plus en plus accentué et parfait suivant la série choline, névrine, muscarine et pilocarpine. L'antagonisme vrai qui existe, au point de vue de leur action physiologique, entre l'atropine et la pilocarpine, a été fort rigoureusement étudié et mis en évidence par Vulpian, dont les expériences ont montré que la lutte entre ces deux alcaloïdes porte sur les extrémités périphériques des fibres nerveuses glandulaires de la corde du tympan, en ce qui concerne la glande sousmaxillaire; sur les points où les extrémités des fibres glandulaires du rameau de Jacobson viennent se mettre en rapport avec les