ANTAGONISME VRAI — QUESTIONS DE DOSES
éléments sécréteurs, en ce qui concerne la glande parotide. On est conduit, par analogie et sans pouvoir en fournir une démonstration aussi péremptoire, à admettre que l'action antagonistique s'exerce principalement sur les extrémités périphériques des filets cardiaques des nerfs pneumogastriques, en ce qui concerne le cœur. Les autres modifications sont justiciables de mêmes remarques : et Ton peut dire, en définitive, que l'effet de l'atropine est neutralisé par l'influence qu'exerce la pilocarpine sur les éléments anatomiques dont les propriétés fonctionnelles sont modifiées par le premier alcaloïde, et réciproquement.
C'est là le type de l'antagonisme vrai, effectif, direct, bien différent de l'antagonisme indirect que l'on peut constater entre la strychnine et le curare, ou la strychnine et l'hydrate de chloral : si les phénomènes convulsifs caractéristiques de la strychnine ne se produisent pas, c'est que le curare paralyse les mouvements musculaires de la vie animale, ou que l'hydrate de chloral abolit temporairement la réflectivité de la moelle épinière et des régions excito-motrices de l'encéphale; mais, dans aucune de ces deux circonstances, cela n'est dû à une action exercée sur les mêmes éléments anatomiques et dans un sens précisément inverse.
Mais, au point de vue qui nous préoccupe, ce n'est pas seulement le fait de l'antagonisme physiologique qui nous intéresse, la- question des doses auxquelles se réalisent ces effets antagonistiques est d'une importance capitale. Voyons donc ce que va nous apprendre l'étude de ce point de la question. L'atropine, à dose très minime, fait cesser ou empêche les effets de la pilocarpine même lorsqu'elle a été administrée à forte dose : ainsi, 3 milligrammes de sulfate d'atropine, administrés en injection hypodermique à un chien de 20 kilos suffisent pour empêcher complètement, ou pour suspendre, l'action excitosalivaire d'une injection hypodermique, ou même intra-veineuse, de 2 centigrammes 5 de chlorhydrate de pilocarpine. Chez le chat, l'action sudoripare intense provoquée normalement par l'injection hypodermique de i centigramme de chlorhydrate de pilocarpine est entravée par 1 à 2 milligrammes de sulfate d'atropine. Mais, si l'animal est soumis d'abord à l'influence de l'atropine, même à faible dose, pour annuler cette influence et faire apparaître la sécrétion salivaire ou sudorale, l'expérience montre qu'il faudra employer des quantités relativement énormes de pilocarpine; et encore, cette condition ne