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PRISE DE POSSESSION DE LÀ CELLULE NERVEUSE

pourra pas être réalisée facilement au moyen des injections hypodermiques, ni même en pratiquant une injection hypodermique de sulfate d'atropine, suivie après quelque temps d'une injection intraveineuse de chlorhydrate de pilocarpine ; et Tinfluence de l'atropine ne sera nettement et énergiquement contrebalancée et surmontée que si, à une injection hypodermique de sulfate d'atropine, on oppose rinjection du sel de pilocarpine dans Fartère de la glande ou dans son tissu même.

Voilà justifié, n'est-il pas vrai, ce fait que je désignais tout à rheure par la figure de prise de possession de certains éléments anatomiques de l'organisme par une substance active. C'est surtout en ce qui concerne les substances possédant une action élective sur les éléments nerveux que cette prise de possession est marquée et persistante.

Les expériences de Fraser, relatives à l'antagonisme entre l'atropine et l'ésérine, avaient déjà montré, en 1871, combien il fallait s'avancer prudemment sur ce terrain. Des conclusions de son très remarquable travail, il ressortait que lorsqu'on administre à des animaux des doses d'ésérine strictement suffisantes pour déterminer la mort, il faut employer, pour réaliser l'antidotisme, des doses élevées d atropine; mais, plus la quantité d'ésérine dépasse notablement la dose léthale mininuiy moins il faut d'atropine pour arriver à l'antidotisme : c'est là un fait en complet accord avec celui que je vous signalais précédemment, de la production de certains effets toxiques communs et s'ajoutant lorsque les doses sont suffisantes. La mort peut même résulter de l'administration de doses non toxiques séparément de chacun des deux alcaloïdes Enfin, il n'est pas indifférent d'administrer ces deux composés dans un ordre quelconque; et Ton peut obtenir des effets tout diffférents suivant que l'on commence par l'un ou par l'autre. Quant au temps qui s'écoule entre l'administration du poison et celui de l'antidote, il joue évidemment un rôle sur lequel il n'est pas besoin d'insister.

Les expériences de Prévost et Binet, de Genève, relatives à l'antagonisme de l'atropine et de la muscarine sont peut-être encore plus probantes et plus suggestives. Des observations effectuées par ces savants il résulte que, chez un chien auquel on a pratiqué une injection hypodermique de 2 milligrammes d'atropine, il faut, pour que cette quantité soit neutralisée quant à ses effets physiologiques,

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