PRISE DE POSSESSION DE LA CELLULE NERVEUSE
introduire dans Toi^anisme de ce même animal une quantité de 760 milligrammes de muscarine, c'est-à-dire un peu plus des trois quarts d'un gramme, alors que, normalement, 1 milligramme est capable de déterminer des accidents graves. Mais bien plus; prenons un chien auquel nous injectons une quantité de muscarine capable de déterminer chez lui des accidents toxiques, 1 milligramme par exemple, nous voyons que pour neutraliser Faction physiologique, les symptômes déterminés par ce milligramme de muscarine, en (I autres termes, pour suspendre l'action toxique, il faut injecter à Fanimâl 5 milligrammes d'atropine. Si, à ce moment, nous voulons revenir aux conditions premières de l'expérience, c'est-à-dire si nous cherchons quelle est la quantité de muscarine qui, injectée de nouveau au chien, va faire réapparaître les accidents, nous verrons qu'il faut cette fois injecter à l'animal 2 grammes 20 -de muscarine.
Eh bien, je crois que les phénomènes d'antagonisme sont jugés après ces expériences. Il faut s'incliner devant des faits aussi nets et probants; et voilà bien la prise de possession dont je parlais tout à l'heure : dans le premier cas, les cellules nerveuses sont impressionnées, sont teintes par l'atropine, si l'on peut se permettre cette expression industrielle ; l'atropine s'est fixée comme une matière colorante sur un tissu, les cellules sont sous la puissance de l'alcaloïde; elles ne cèdent qu'à la condition de faire intervenir des doses effroyables de muscarine, des doses au moins mille fois plus considérables que les doses toxiques. Et réciproquement.
Par conséquent, on peut dire que les doses non toxiques par ellesménies ne sauraient, en aucune façon, enrayer la marche d'une intoxication. Voyez-vous les conséquences de l'antagonisme médicamenteux? Mais, Messieurs, si l'on voulait pousser les choses plus loin, pour annuler tqus les symptômes, car, d'après ce que je disais tout à l'heure, ce n'est que sur des points de détail que ces substances sont aotagonistes les unes des autres, si l'on voulait alors annuler tous les symptômes, il faudrait recourir à une série ininterrompue d'antagonistes partiels, c'est-à-dire épuiser presque tous }es médicaments de la matière médicale, et, peut-être, aurait-on quelque chance d'arriver à l'antagonisme, si toutefois le malade n'était pas mort pendant toutes ces manœuvres.
Mais si vous voyez que les effets des substances antagonistes peuvent, dans une certaine mesure — j'insiste là-dessus — se retran-