‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 381 sur 486 · ATROPINE ET MORPHINE · texte numérisé non relu

ATROPINE ET MORPHINE

cher, s'annuler même, il ne faut pas oublier un point plus important : c'est que les effets toxiques s'ajoutent; et en effet, dans l'expérimentation physiologique, on serait tenté de dire toujours, si le mot toujours était de mise lorsqu'il s'agit d'une chose aussi impressionnable que l'expérimentation physiologique sous l'influence de conditions en apparence accessoires, presque toujours tout au moins, la mort est plus rapide lorsqu'on emploie deux alcaloïdes prétendus antagonistes que lorsqu'on n'en emploie qu'un seul. C'est assez facile à comprendre d'ailleurs : dans ces circonstances, vous arrivez à l'épuisement successif des différents appareils sur lesquels chacun de ces alcaloïdes porte plus spécialement son action; et la somme de ces actions ne peut qu'être fatale, comme cela arrive la plupart du temps. Je pense vous avoir donné assez de preuves, et de preuves convaincantes, de l'illusion que l'on se fait en comptant sur les antagonismes médicamenteux pour réaliser l'antidotisme, c'est-à-dire la cure de l'empoisonnement. Je reviens maintenant à l'opium et je reprends l'élude de ses antagonistes, c'est-à-dire que j'envisage plus particulièrement ici l'atropine et la morphine.

Certainement, l'atropine est, dans une certaine mesure, antagoniste de la morphine, à cause de son action sur le sympathique et par ce fait qu'elle excite le centre respiratoire : sous l'influence de la morphine, à dose toxique, vous voyez le rétrécissement de la papille, la narcose, la paralysie des vaso-moteurs, la congestion vasculaire, la dépression des fonctions du centre respiratoire, mais tous ces phénomènes, je vous l'ai déjà montré par un assez grand nombre d'exemples, ne sont pas produits par la même dose. De plus, les deux agents ne se font pas équilibre partout, et les résultats définitifs s'ajoutent au lieu de s'annuler. D'ailleurs, je vais résumer en quelques mots l'action physiologique de l'atropine, et vous pourrez, par moments, croire que je me trompe, que je veux parler de l'action physiologique de la morphine, mais je ne me trompe pas du tout : c'est bien de l'atropine que je veux parler.

A dose modérée, l'atropine détermine d'abord une excitation du sympathique et des fibres musculaires lisses. Les symptômes qui traduisent cette excitation, sont : la dilatation pupillaire; la contraction des artérioles, avec augmentation de la pression artérielle, l'accélération des contractions cardiaques par paralysie des modérateurs, l'accroissement des mouvements respiratoires, l'élévation de la tem-

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