OPIUM ET BELLADONE
pérature, Térythèine, la sécheresse de la gorge; — tout cela, sauf la dilatation de la pupille, est parfaitement concordant avec ce que produisent les faibles doses d'opium — l'augmentation des évacuations alvines par la contraction des fibres musculaires lisses de l'intestin et la suppression de l'influence modératrice du splanchnique, — voilà cette fois des phénomènes en opposition avec ceux produits par l'opium.
Mais que va-t-il se passer sous l'influence des doses élevées? Alors, la paralysie va naturellement succéder à l'excitation : cette paralysie va se traduire par la dilatation des artérioles et la diminution de la pression sanguine, par le ralentissement de la circulation, par de lanurie, par l'abaissement de la température, par des congestions passives, par du priapisme, par le relâchement des sphincters. Ne dirait-on pas que je viens de faire l'énumération des symptômes d'intoxication que l'on observe sous l'influence de l'opium? Et où voyezvous les éléments d'une action antagonistique ? Pour ma part. Je ne les vois pas.
Je constate, au contraire, absolument les mêmes phénomènes qui caractérisent l'action des doses toxiques d'opium ; et, par conséquent^ lorsque vous allez administrer la belladone pour conjurer les eflels de 1 opium, ou bien vous ne ferez rien si la dose est trop faible, ou bien, si elle est suffisante, vous risquez de tuer votre malade, parce que vous n'obtiendrez une action efficace de cette belladone qu'à la condition de l'employer en quantité tellement considérable qu'elle puisse prendre possession, elle à son tour, des cellules nerveuses ; et comme ces cellules sont déjà fort épuisées par la morphine ou Topium je* crois qu'elles ne résisteront guère. La lutte, au point de vue de l'antagonisme, s'établit sur des terrains différents; mais tous deux, l'opium et la belladone, déterminent, au début et aux doses plutôt modérées, de l'excitation, et plus tard de la stupéfaction : il n'y a là rien d'antagonîstique ; et il paraît bien difficile de pouvoir compter sur la réaction, par excitation, d'un système nerveux déjà excité puis paralysé par l'opium, sans parler de la nécessité d'élever la dose, point sur lequel j'ai attiré votre attention et pour lequel je vous ai donné des résultats suffisamment nets.
En définitive, le traitement des empoisonnements opiacés par la belladone ne peut être que le traitement de quelques-uns des symptômes de l'intoxication; j'ajouterai même que c'est plutôt une illusion