ACTION SUR LES ANIMAUX A SANG FROID
gramme d'animal pour avoir une excitation au début, puis peu à peu, au bout de quelques minutes, une immobilité plus ou moins complète, et enGn la période de sommeil dans laquelle tombe Tanimal : on observe alors que la respiration est notablement ralentie ; on peut la voir tomber du chiffre de 100 au chiffre de 40 : le cœur est également ralenti, comme vous pourrez le voir sur le tracé qui est très net à cet égard, les contractions tombent de 35 à 10 en même temps que leur énergie diminue beaucoup; les réflexes sont diminués et même complètement abolis si la dose est suffisante. Grâce à ce fait que les grenouilles peuvent respirer par le tégument cutané, vous comprenez que les doses qui, chez les animaux à sang chaud, provoqueraient la mort par arrêt de la respiration, peuvent être employées impunément chez elles, et on peut voir, quand la dose est tellement exagérée que la mort arrive quand même, qu'elle se produit par arrêt du cœur : on observe, en effet, que le cœur est resté en systole, qu'il est plus ou moins contracté et qu'en somme, chez les animaux à sang froid, il est ïultimum moriens sous l'influence de la paraldéhyde.
On observe même, chez ces animaux, des phénomènes intéressants, rappelant, dans une certaine mesure, les phénomènes de même genre qui peuvent être observés, aussi bien chez les animaux à sang froid que chez les mammifères, sous l'influence de la strychnine : je veux parier de la mort tardive chez les grenouilles auxquelles on a injecté une dose insufflsante pour déterminer fatalement la mort par arrêt du cœur, par exemple, une dose de 4 milligrammes 5 par gramme. Çà n'est pas simplement à titre de comparaison que je rapproche la mort tardive sous l'influence de la strychnine de la mort tardive sous rinfluencc de la paraldéhyde; toutes deux me paraissent dues à une modiflcation intime de la substance nerveuse dans les parties des centres nerveux douées de réflectivité. Dans les deux cas, la mort se produit brusquement, à une période où l'on serait presque en droit de considérer les animaux comme ayant échappé aux dangers de l'intoxication et parfaitement guéris. Si l'on abaisse les doses, si l'on n'injecte que la quantité de 3 milligrammes par gramme, on observe seulement des effets anesthésiques accompagnés d'un sommeil comateux substitués aux effets graves et mortels dont je parlais tout à l'heure. A la dose de 1 milligramme par gramme, on n'obtient plus que des effets simplement hypnotiques.