ABOLITION DE L'EXCITABILITÉ RÉFLEXE
On a cherché si Taldéhyde et Taldéhydate d'ammoniaque étaient capables de déterminer des phénomènes du même genre; et on a observé que sous l'influence de ces substances, les phénomènes hypnotiques étaient beaucoup moins accentués, tandis que les phénomènes toxiques devenaient beaucoup plus graves. Ces phénomènes sont les mêmes chez les mammifères.
L'action de la paraldéhyde peut se produire encore au moyen de l'absorption par la surface cutanée, lorsque cette absorption est susceptible de s'effectuer en quantité suffisante : on peut obtenir l'hypnose de la grenouille en l'exposant sous une cloche dont l'atmosphère est saturée de vapeurs de paraldéhyde.
Une particularité extrêmement intéressante, parce qu'elle se vérifie chez les animaux à sang chaud aussi bien que chez les animaux à sang froid — mais pour cette démonstration la grenouille est véritablement l'animal de choix, — c'est l'abolition de l'excitabilité réflexe que détermine la paraldéhyde. Cette abolition de l'excitabilité réflexe est au moins aussi nette et aussi intense que celle que nous avons obtenue sous l'influence du chloral : c'est ainsi qu'en soumettant une grenouille à l'injection d'une dose de strychnine capable de déterminer chez elle des accidents tétaniques, — et il suffit d'un cinquantième de milligramme pour déterminer les accidents du tétanos chez une grenouille du poids de 20 à 25 grammes — on peut voir l'hyperexcitabilité réflexe et les accidents tétaniques du strychnisme supprimés si l'on a fait, au préalable ou immédiateYnent après, une injection de paraldéhyde de 2 à 3 milligrammes par gramme du poids de la grenouille : si la dose de paraldéhyde est insuffisante, c'est avec beaucoup de peine qu'on peut obtenir une tendance à des mouvements tétaniques qui se produisent, au contraire, avec une si grande facilité chez les grenouilles au cours de l'intoxication strychnique. Sous ce rapport, même, la paraldéhyde présente des avantages marqués sur le chloral : en premier lieu, celui de ne pas intéresser autant le myocarde et l'appareil nerveux cardiaque; d'autre part, une plus facile et rapide élimination; enfin, une action toxique générale moins intense. Son emploi permet de réaliser, chez les animaux à sang chaud et chez l'homme, une action hypnotique constamment renouvelée, avec des doses de paraldéhyde qui empêchent les effets du strychnisme, et permet, mieux encore que ne le fait le chloral, de nourrir le malade, de l'alimenter et de lutter contre ces accidents