‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 394 sur 486 · SYMPTOMATOLOGIB CHEZ LE PORC ET LA CHÈVRE · texte numérisé non relu

SYMPTOMATOLOGIB CHEZ LE PORC ET LA CHÈVRE

membres, accélération du cœur et de la respiration, dilatation pupillaire, hypersécrétion salivaire, vaso-constriction périphérique prouvée par la pâleur du tégument cutané, tremblements généralisés, convulsions tétaniques dans Tintervalle desquelles se montre une paralysie plus ou moins complète du train postérieur, diminution de Ténei^ie des contractions cardiaques et respiratoires, augmentation considérable de leur fréquence, élévation de la température, qui peut atteindre 41 ** ou 42** [conséquence des accès tétaniques], mort par arrêt respiratoire, le plus souvent au cours d'une crise tétanique. M. Guinard a noté des manifestations de frayeur et des troubles de la vision. Le porc présente pour la morphine une tolérance remarquable; la dose toxique doit atteindre 20 centigrammes par kilo pour déterminer la mort.

Mais celui de tous les animaux qui présente Tabsence la plus complète de manifestations cérébrales, sous TinQuence de la morphine, c'est la chèvre. Cet animal est évidemment aussi celui qui résiste le plus à des doses considérables de morphine, puisqu'il faut arriver pour tuer un animal de l'espèce caprine à la dose de 40, 45, el parfois même 50 centigrammes de morphine par kilo d'animal, en injection sous-cutanée. Chez la chèvre, pendant toute la durée de l'intoxication, on peut constater la conservation de l'intelligence : il n'y a ni hallucinations, ni vertiges, ni manifestations d'ivresse agitante, ni coUapsus, aucun de ces phénomènes qui, chez les animaux dont nous venons de parler, puisse permettre défaire intervenir une action plus ou moins marquée de la morphine sur le système nerveux cérébral. En somme, la chèvre résiste à des doses 40 fois plus fortes que celles capables de tuer un solipède tel que l'âne ; et le chat qui est 10 fois plus sensible que la chèvre n'est tué que par une dose de morphine 40 fois supérieure à celle capable de déterminer la mort chez l'homme. Une chèvre peut supporter sans danger une dose 500 à 700 fois supérieure à celle nécessaire pour produire chez l'homme une narcose profonde. Mais les animaux des grandes espèces, comme vous pouvez le voir d'après les renseignements que je viens de vous donner, sont, certainement plus impressionnables, toute proportion gardée, que les animaux d'espèces plus petites, et sont, notamment, à ce point de vue, supérieurs au chien.

Le tableau ci-dessous, dont j'emprunte les éléments au travail de M. Guinard, montre qu'il ne s'agit pas seulement d'une différence de

impressionnâbilité du cerveau et de la moelle

proportionnalité entre le développement des centres encéphalo-médullaires, sur lesquels la morphine exerce son action élective, et la masse du corps. On voit qu'en rapportant la dose de substance toxique pour un sujet au kilo de sa substance cérébrale, on peut vérifier encore rimpressionnabilité nettement plus accentuée des solipèdes pour la morphine. La prépondérance d'action de la morphine sur le tissu nerveux cérébral est bien mise en évidence par la comparaison des doses toxiques rapportées comparativement à 1 kilo de cerveau et de moelle. L'impressionnabilité du cerveau est d'autant plus éloignée de la résistance de la moelle que le sujet en expérience réagit plus nettement par des manifestations hypnotiques ou cérébrales : ainsi la quantité de morphine mortelle pour 1 kilo de moelle est à peine inférieure au double de celle nécessaire pour tuer 1 kilo de cerveau de porc, de vache, de cheval ; elle est égale au double de cette quantité pour la chèvre, à un peu plus du double pour l'âne et pour le chat; elle s'élève à près de 4 fois plus pour le chien chez lequel les manifestations bulbo-méduUaires sont tardives et provoquées seulement par les fortes doses; enfin elle est près de 50 fois plus forte chez l'homme.

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