‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 399 sur 486 · XXX^ LEÇON · texte numérisé non relu

XXX^ LEÇON

ACTION DE LA MORPHINE SUR LA TEMPÉRATURE. - LES ACTIONS EXERCÉES SUR LA TEMPÉRATURE ET LA RES- PIRATION SONT INDÉPENDANTES. — L'ACTION SUR LA RESPIRATION DÉPEND, DANS UNE LARGE MESURE, DES INFLUENCES CÉRÉBRALES. — ACTION SUR LE CŒUR ET LA CIRCULATION, LES SÉCRÉTIONS, LE PÉRISTALTISME INTESTINAL, LE CHIMISME STOMACAL, LES CENTRES NERVEUX.

L'action exercée par la morphine sur la température de 1 organisme est très marquée, et elle est en corrélation, dans une très étroite mesure, ainsi qu'il était facile de le prévoir, avec l'action exercée par la même substance sur la respiration, d'une part, et sur la circulation, d'autre part. Ces phénomènes sont même tellement liés les uns aux autres, qu'il est assez difficile de parler de la respiration, par exemple, sans faire intervenir l'action sur la température et sur la circulation; mais, cependant, il faut bien commencer par décrire la façon dont la morphine agit sur l'une de ces trois grandes fonctions, avant d'arriver à l'élude de l'action qu'elle exerce sur les autres. Nous nous sommes occupés déjà de l'action sur la respiration, et vous allez voir que l'action sur la température est, dans une étroite mesure, liée à l'action sur la respiration, à tel point même qu'on a cherché si ces deux phénomènes n'étaient pas dans la dépendance l'un de l'autre.

Lorsque la morphine est injectée aux animaux, à dose sufûsante, elle détermine chez eux un abaissement de température toujours assez considérable; cet abaissement thermique est surtout d'autant plus considérable qu'on expérimente sur des animaux plus jeunes. Voici, par exemple, des graphiques qui vous montreront combien cette influence de la morphine sur la température centrale est prompte et accentuée. (Fig. 18.) Vous pourrez voir que, sur un chien adulte pesant 7 kilos, l'injection d'une dose de 4 centigrammes de chlorhy-

ACTION DE LA MORPHINE SUR LA TEMPÉRATURE

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drate de morphine, notablement inférieure, par conséquent, à celle qui est capable d'amener des manifestations toxiques, puisque vons devez vous souvenir que nous avons fixé cette dose à l centigramme par kilo d'animal, a déterminé un abaissement de 3^5 en i heure 40 minutes. Chez un chien âgé de 30 jours, du poids de 390 grammes, Tinjection d'un centigramme de chlorhydrate de morphine a déterminé, au bout de trente minutes, un abaissement thermique de 3*9, c'est-à-dire près de 4*.

Lorsqu'on élève les doses, l'hypothermie est encore plus considérable et se prolonge pendant un temps très marqué. Sur les tracés ci-après, vous constaterez que l'injection de 1 centigramme par kilo chez un chien adulte a déterminé un abaissement thermique de 4M au bout de quatre heures : neuf heures après l'expérience, la température était encore inférieure de 2"* 7 à la normale, A la même dose de 1 centigramme par kilo, un jeune chien de huit mois a subi, en trois heures et demie, un abaissement thermique de 7*^3 et montrait encore un abaissement de o**3 au dessous de la température du début de l'expérience, après un laps de temps de neuf heures. L'injection d'une dose beaucoup plus considérable, 2 centigrammes par kilo, n'augmente pas sensiblement cet abaissement thermique, au moins pour les animaux adultes : le minimum atteint seulement 4^*3 entre trois et quatre heures après l'injection, et neuf heures après le début de l'expérience l'abaissement thermique est encore de 3**6. (Fig. 19, 20 et 21.)

Il était tout naturel de se demander quel était Torigioe de cet abaissement de la température. On a voulu le rapporter à une action directe exercée par la morphine sur les centres de la thermogenèse. Comme nous Talions voir, la morphine exerce en effet sur les centres bulbo-médullaires une action remarquable, mais celle-ci n'est rien moins que dépressive, au moins aux doses modérées; nous en avons eu déjà un certain nombre d'exemples, et nous allons en avoir des exemples plus probants encore ; de telle sorte que cet abaissement de la température devient impossible à interpréter en invoquant seulement l'action exercée sur les centres de thermogenèse. On a pensé qu'il se passait dans ce cas quelque chose d'analogue à ce dont je vous ai parlé Tannée dernière à propos du chloral; et Ton a admis que les combustions respiratoires, chez les animaux placés sous l'influence de la morphine comme sous l'influence du chloral, étaient

ACTION DE LA MORPHINE SUR LA TEMPÉRATURE

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Fig. 19. — Représentation graphique des variations de la température, sous Tinfluence

de la morphine, chez le chien.

Chien de 1\ kilos, très gras; T 38<*4 au moment do rinjcctioQ hypodermique do '21 centigrammes do chlorhydrate do morphine à II heures du matin. Partie inférieure, température lo lendemain do rexpériencc. [D'après M. Guinard.]

ACTION DE LA MORPHINE SUR LA TEMPÉRATURE

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Fig. 20. — Représentation graphique des variations de la température, sous Pinfluence

de la morphine, chez le chien.

Petit chien de chasse, maigre, âgé do 8 à 9 mois, pesaot 8 kilos ; T 38*8 an moment de rinjoction hypodermique do 8 centigrammes de chlorhydrate de morphine à 11 heures du matin. Partie iofèrieure, température le lendemain de l'expérience. [D'après M. Guinard.]

ACTION DE LA MORPHINE SUR LA TEMPERATURE

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Fig. 21. — Représentation graphique des varialions de la température, sous Tinfluencc

de la morphine, chez le chien.

Chien looloa do 15 kilos; T 39*1 an moment do l'injection hypodermique do 30 centigrammes de chlorhjdrato de morphine à 11 heures du matin. Un peu de polypnéo pendant les trente premières minutes, puis sommeil calme. Partie inférieure, température le lendemain de rexpérienco. [D'âpres M. Guinard.l

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