‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 41 sur 486 · DOSES HYPNOTIQUES ET TOXIQUES · texte numérisé non relu

DOSES HYPNOTIQUES ET TOXIQUES

convulsifs qui sont comme vous le savez, une des principales causes de la mort de Tindividu dans le strychuisme.

Cette diminution de Texcitabilité réflexe s'observe tout aussi bien chez les animaux à sang chaud que chez les animaux à sang froid ; mais si j'insiste sur Texpérimentation à Taide de la grenouille, c'est parce que, chez les animaux à sang froid, les manifestations de rhyperexcitabilité réflexe sont beaucoup plus nettes et plus accentuées et que la dissociation, si je puis ainsi dire, des phénomènes est beaucoup plus tranchée que chez les animaux à sang chaud. Voici précisément une grenouille qui a été soumise à l'action de la paraldéhyde avant qu'on ne lui fît une injection de strychnine, et vous pouvez voir que chez cet animal l'excitation qu'on exerce, en le projetant avec une certaine force contre le cristailisoir dans lequel il se trouve, est incapable de provoquer les mouvements si nets du tétanisme qui sont si caractéristiques chez les grenouilles.

Les doses capables de déterminer un eflet hypnotique varient avec le degré occupé par l'animal dans l'échelle zoologique; et ces doses doivent être plus considérables au fur et à mesure qu'on s'adresse à un animal plus inférieur. C'est ainsi que pour le cobaye, avec une dose de 60 centigrammes de paraldéhyde par kilo, on peut observer, après une demi-heure, une diminution très notable de l'activité musculaire, à laquelle succède de l'assoupissement, puis un sommeil qui dure trois à quatre heures : les réflexes sont à peine diminués, la température s'abaisse d'un degré environ, tout au plus de l^'S. A la dose de 1 gr. 20 par kilo, on peut noter un abaissement de 3° à 5°, la diminution marquée de l'excitabilité réflexe, l'abolition des mouvements spontanés et enfin un sommeil comateux qui peut se prolonger pendant dix à douze heures et même plus longtemps. A 2 grammes par kilo, l'abolition des réflexes est complète; et l'animal meurt dans le coma en douze heures environ.

Le lapin est plus susceptible aux faibles doses que le cobaye : la dose de 30 centigrammes par kilo équivaut, chez cet aninal, à la dose de 60 centigrammes chez le cobaye. A la dose de 73 centigrammes par kilo, on observe de la torpeur, l'abolition des mouvements spontanés, la diminution très notable des réflexes, puis l'abaissement de la température qui peut atteindre 3*", 4*^ et même 5'' : le nombre des mouvements respiratoires diminue dans une très notable proportion, il peut tomber, par exemple, de 136 à 76. Si les doses

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