RYTHME RESPIRATOIRE ET ACTIVITÉ CÉRÉBRALE
circulatoire, celte congestion veineuse qui accompagne Taction de la morphine, de Texcitabilité moindre, ou de la qualité moindre de l'excitation de la cellule nerveuse sous Tinfluence d'un sang chargé d'acide carbonique et dont la vitesse est diminué par l'action de cette morphine. MM. Ch. Richet et Paclion ont même été jusqu'à dire, qu'étudier l'influence de la morphine sur la respiration revenait à étudier la respiration privée de la stimulation normale que le cerveau exerce sur cette grande fonction de l'économie.
Mais cette opinion émise sous une forme aussi absolue est certainement trop exclusive; et en eflet, les actions bulbo-méduUaires ne peuvent être, d'après ce que je disais tout à l'heure, qu'excitées et prendre une importance d'autant plus considérable que la dose de morphine est plus élevée; par conséquent, la réflectivité tant bulbaire que médullaire se trouvera d'autant plus exagérée. D autre part, le rythme périodique de la respiration est un argument en faveur de la diminution de l'excitabilité des centres; et, comme je vous l'ai déjà fait remarquer, on peut observer la modération des activités respiratoires avec persistance de la réflectivité bulbaire, comme on peut observer la modération et la diminution des activités psychiques, avec persistance de la réflectivité psychique : l'exemple du chien dont je viens de vous faire passer le tracé est une preuve de ce fait.
Ces modifications ne sont pas exclusivement solidaires des modifications cérébrales qu'on peut observer sous l'influence de la morphine, et on constate une indépendance parfois très marquée entre les phénomènes respiratoires et les manifestations décelant l'action cérébrale. Le rythme respiratoire et l'activité cérébrale sont fort souvent dissociés, et on peut observer la coexistence du sommeil avec l'accélération respiratoire, comme le prouvent les tracés ci-après, [Fig. 26.] Le premier est relevé sur un animal normal avant l'injection de morphine, et la série des tracés qui suivent est prise à des périodes successives pendant la durée de l'expérimentation : vous verrez que quinze minutes après l'injection de morphine les modifications de la respiration sont déjà extrêmement nettes alors que les modifications cérébrales sont à peine sur le point d'apparaître; puis, au bout de vingt-cinq, trente-cinq, et soixante^dix minutes de morphinisation, s'observe une série de modifications des fonctions respiratoires et circulatoires, et c'est particulièrement sur le dernier