ÉCHANGES GAZEUX DANS LE SANG
d'excito-motricité, ont complètement disparu; le sommeil, Tinsensibilité, rimmobilité, la résolution musculaire ont atteint leur apogée; il ne reste plus de vivant, si Ton peut ainsi dire, que les centres bulbaires et les nerfs qui gouvernent les actes de la vie végétative. La combustion du carbone dans les capillaires généraux peut alors se trouver assez réduite pour que l'acide carbonique diminue et que Toxygène s'accumule dans le sang. Chez les animaux narcotisés par la morphine, les choses ne se passent pas de la même façon : les fonctions cérébrales sont tout d'abord et profondément troublées; mais cette influence déprimante exercée par la morphine sur les hémisphères cérébraux n'équivaut pas à une suppression complète de leur activité, comme cela peut se conclure de l'action qui est exercée sur eux par les hypno-anesthésiques. Sous l'influence de la morphine, on n'observe pas de résolution musculaire ; au contraire, il existe une hyperexcitabilité réflexe des centres bulbo-médullaires dont je vous ai fourni déjà de très probants exemples. Si nous nous souvenons d'autre part que la suppression de la tonicité musculaire par section des nerfs moteurs, comme l'a montré Claude Bernard, accumule l'oxygène dans le sang veineux, on peut penser que la réciproque est vraie et que la conservation de cette tonicité, plutôt même exagérée par la morphine, est suffisante pour consommer une partie de l'oxygène et accumuler dans le sang, comme le remarque fort justement M. Guinard, une proportion d'acide carbonique d'autant plus grande que la respiration est, pendant ce temps, ralentie et l'exhalation pulmonaire modérée. Nous sommes donc amenés à conclure que les centres bulbaires conservent, en grande partie, leur action sur les phénomènes de la vie végétative, et cela leur permet d'exercer leur influence stimulante sur les combustions interstitielles, cette influence n'étant jamais suspendue, même pendant la période des accidents toxiques les plus graves de la morphinisation ; et ce qui prouve ce fait en dernier ressort, c'est qu'on peut obtenir exactement les mêmes effets avec le chloral en l'employant à dose insuffisante pour amener l'hypno-anesthésie et seulement nécessaire pour produire les phénomènes d'hypnose pour lesquels il est utilisé en thérapeutique.
En définitive, vous voyez que noua pouvons expliquer les causes de l'hypothermie morphinique par le ralentissement des combustions, par l'hypotension artérielle dont nous allons avoir la preuve dans un