ACTION SUR LES CENTRES NERVEUX
nomanes : la dépression des phénomènes digestifs, le séjour prolongé des aliments dans le tube digestif, les fermentations putrides entraînant des actions délétères secondaires sur la muqueuse gastrointestinale.
D'autre part, les expériences ont montré, et j'aurai à rappeler votre attention sur ce point lorsque nous parlerons de Tintoxication aiguë par la morphine, que la morphine s'élimine dans une très notable proportion par les glandes de la muqueuse gastro-intestinale, surtout de la muqueuse gastrique. C'est pourquoi le lavage de l'estomac avec une solution faible de permanganate de potasse est si efficace dans l'intoxication par l'opium ou la morphine.
Le retour de l'acide chlorhydrique à l'état normal a été assimilé à une hyperchlorhydrie relative qui expliquerait les troubles observés chez les morphinomanes au moment du sevrage de la morphine; or, c'est là une opinion absolument inexacte, d'après les expériences nombreuses et très probantes de Kleine, dont je viens de vous parler à l'instant ; mais il y a un fait à retenir, au point de vue de l'emploi soit de la morphine soit de l'opium, c'est celui-ci : c'est le danger qu'il y a à chercher à réaliser l'anacidité, la diminution de l'acidité stomacale par l'emploi des opiacés, puisque cette diminution ne peut être obtenue qu'au prix d'une médication intense et prolongée, qui s'accompagnerait nécessairement des effets nocifs de la morphine sur l'estomac et sur le cerveau.
Action sur les centres nerveux. — Un dernier mot, Messieurs, sur l'action exercée par la morphine sur les centres nerveux : ce que j'ai à vous dire va être, en quelque sorte, une revue d'ensemble sur un grand nombre de phénomènes à propos desquels j'ai eu l'occasion d'attirer votre attention, soit au sujet de la morphine, soit au sujet de l'opium en nature.
La morphine, comme nous le savons maintenant, est le type des agents cérébraux, c'est le poison par excellence des manifestations de l'activité psychique. Sous son influence, on observe d'abord une excitation aux doses faibles, puis une suspension de l'activité, et enfin la paralysie de la cellule cérébrale si la dose est suffisante. La morphine exagère énormément l'aptitude du cerveau à répondre aux incitations dans les premiers moments de son administration; elle exerce ensuite une action consécutive sur les éléments bulbaires et médullaires : je devrais dire sur les éléments médullaires d'abord