‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 417 sur 486 · ACTION SUR LES CENTRES NERVEUX · texte numérisé non relu

ACTION SUR LES CENTRES NERVEUX

et, finalement, sur les éléments bulbaires. Cette action consécutive est prouvée par les troubles de la circulation et de la respiration, elle est prouvée encore, en dernier lieu, par les convulsions qui précèdent la paralysie finale et Tétat comateux auquel succède bientôt la mort. La réflectivité médullaire, comme nous Tavons vu chez les animaux, est toujours exagérée; de plus, elle n*est pas réfrénée par la modération cérébrale qui s'exerce à Tétat normal, et, par conséquent, les convulsions qu'on observe peuvent être interprétées de deux façons différentes, soit par l'exagération de la réflectivité médullaire, soit par le manque de modération exercée par les hémisphères cérébraux ; de sorte qu'on peut dire que la morphine endort la douleur par abolition ou atténuation des perceptions douloureuses, mais qu'elle exalte l'irritabilité sensitive. Vouloir faire de la morphine un anesthésique est chose inexacte; ce que nous savons à présent nous oblige à reconnaître que la morphine n'empêche pas la douleur, mais en diminue simplement la perception.

Le temps de la réaction physiologique augmente sous l'influence de la morphine, mais les impressions vives et très douloureuses sont parfaitement senties et provoquent, précisément, des réflexes d'autant plus désordonnés et plus brusques que les centres médullaires sont plus irritables et manquent de la régularisation que leur impriment, dans l'état normal, les hémisphères cérébraux. Le graphique de la figure 25 sur lequel vous avez vu la modification intense subie par les phénomènes de circulation et de respiration chez un chien près duquel, pendant la phase de son sommeil morphinique, on avait simplement claqué violemment des mains, est une preuve de l'exagération dont je parle en ce moment. (Voir page 690.)

C'est, très probablement, à la différence des actions exercées sur les propriétés fonctionnelles des cellules cérébrales que l'on doit attribuer la cause principale des variations que l'on observe, non seulement chez les animaux que la morphine endort et chez ceux qu'elle excite ou n'endort pas, mais encore chez les différents individus de l'espèce humaine. Sans être absolument identiques, les influences bulbo-médullaires sont au moins fort comparables dans toutes les espèces; tandis que les influences cérébrales manifestent une différentiation parfois si considérable que l'on pourrait songer à raction de substances fort différentes. J'ai déjà attiré votre attention, au sujet de l'opium aussi bien que de plusieurs autres médicaments, sur la

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