ACTION SUR LES HÉMISPHÈRES CÉRÉBRAUX
façon dont les cellules cérébrales réagissent en présence des principes capables de les impressionner. La réaction ne sera franche et normale que si la cellule est elle-même normale; et cela permet de comprendre, de même que pour certains hypnotiques et hypno-anesthésiques, que la modalité de la réaction soit, dans une large mesure, sous la dépendance de la qualité des cellules cérébrales du sujet impressionné. Cette qualité réactive des cellules nerveuses, notamment des cellules cérébrales, est un caractère sur lequel vous m'avez entendu bien fréquemment insister.
L'action cérébrale exercée par la morphine présente, entre autres particularités, une idiosyncrasie de race extrêmement remarquable. Depuis très longtemps, on avait reconnu que certaines races, les Malais, notamment, réagissent sous FinQuence de Topium d'une fiikçon tout à fait particulière. A ce point de vue, je ne saurais mieux les comparer, dans la série des animaux dont nous avons fait Tétude, qu'au chat. Sous TinQuence de la morphine ou de Topium, les Malais entrent presque immédiatement dans la phase d'excitation violente, de convulsions, presque de tétanisation, qui rend ces individus absolument dangereux lorsqu'ils sont sous l'inQuence de doses faibles soit d'opium, soit de morpl^ne. De même, et en exagérant un peu l'influence primitive exercée sur les cellules nerveuses cérébrales, on a pu diviser les espèces animales en espèces narcotisées et espèces excitées.
Il semble que, relativement à Faction exercée sur les cellules des hémisphères cérébraux, il y ait une sorte d'orientation pharmacodynamique particulière, imprimée par les qualités et l'usage habituel des cellules cérébrales. Ainsi, la morphine est certainement moins narcotisante pour les animaux que pour l'homme. D'autre part, je crois qu'on pourrait très bien, dans les faits que j'ai cités, trouver une interprétation de la façon différente dont certains individus réagissent sous l'influence de la morphine, différences qui sont tout à fait analogues à ce que nous avons vu à propos de l'alcool. En d'autres termes, on réagit, sous l'influence d'une excitation cérébrale, quelle qu'elle soit, avec la qualité de ses propres cellules cérébrales. Chez les animaux et chez ceux que la morphine excite, les actions bulboméduUaires prédominent, au lieu que chez les animaux qui sont narcotisés ce sont les actions cérébrales qui prédominent, et, par conséquent, les phénomènes de dépression. Dans ces espèces, la mort