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ACTION SUR LES HÉMISPHÈRES CÉRÉBRAUX

par paralysie du cerveau peut survenir avant que Taugmentation de Texcitabilité réflexe soit suffisante pour déterminer des crises convulsives. La parésie du train postérieur, produisant Tattitude dite hyénoïde, est une preuve indiscutable des influences médullaires exercées dans tous les cas par la morphine,

Cette coexistence, dans une même espèce animale, d'influences excitantes et d'influences déprimantes dont les manifestations sont parfois, non seulement immédiatement successives, mais même simultanées, justifie la multiplicité, la variété et l'indépendance des actions que la morphine peut provoquer sur les difiérentes régions et les différents centres de Taxe nerveux encéphalo-médullaire. L'étude de l'opium nous a déjà familiarisés, si je puis ainsi dire, avec ces différences flagrantes de modalité, aussi bien que de qualité, dans les manifestations de l'action pharmacodynamique d'une même substance médicamenteuse.

D'autre part, les troubles dans l'harmonie d'excitabilité sensitive des muscles antagonistes expliquent les contractures et les troubles de locomotion que je vous ai signalés; c'est ainsi qu'on peut interpréter la démarche bondissante non seulement de certains animaux, mais de certains individus; il vous est peut-être arrivé quelquefois de voir de ces morphinomanes ayant toutes les peines du monde à poser naturellement leur pied sur le sol et présentant une démarche sautillante analogue à celle du rat. La morphine peut exercer sur les hémisphères cérébraux une action ébrieuse analogue à celle qu'exerce l'alcool; et cette action peut se borner, si la dose est suffisamment faible, à cette manifestation qui peut s'offrir à l'observation sans narcose vraie. Dans ce cas, les modifications cérébrales qu'on observe sont suffisantes pour obnubiler le sensorium commune^ pour empêcher la sensation des phénomènes de douleur; mais, cependant, comme nous l'avons vu tout à l'heure, il y a en même temps, coïncidant avec cette obnubilation, une excitation bulbaire et même bulboméduUaire; ce qui prouve ce fait, ce sont les expériences qu'on peut réaliser chez les animaux écérébrés.

Si l'on pratique chez des animaux l'ablation des hémisphères cérébraux, ces animaux réagissant sous l'influence de la morphine soit par la narcose, soit par l'excitation, on observe, dans tous les cas, que les actions dépressives et convulsivantes qui sont les actions ultimes exercées par la morphine se montrent très rapidement, dans

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