ACTION SUR LÀ SUBSTANCE GRISE DU BULBE
ces circonstances expérimentales, et les effets de la morphine sont beaucoup plus violents et plus rapidement mortels que lorsque ranimai est laissé intact. On est, par conséquent, en droit de dire que les phénomènes d'excitation, d'hyperexcitabilité, d'ivresse agitante, tous les effets d'excitation produits avant le sommeil chez les animaux que la morphine endort, pendant toute la durée de son action chez ceux qu'elle n'endort pas, toutes ces manifestations ont surtout une origine cérébrale, puisque celle-ci se montre d'une façon particulièrement remarquable dans les circonstances que je viens de vous indiquer. L'action cérébrale peut, d'ailleurs, retentir sur les manifestations d'origine bulbo-méduUaire ; on voit, en effet, la parésie exagérée au début, puis les convulsions se produire d'une façon plus facile, plus précoce, et avec beaucoup plus de gravité chez les animaux écérébrés.
L'action convulsi vante, qui est l'action ultime exercée par la morphine, peut manquer chez l'homme et manque en effet assez fréquemment, parce que la mort par paralysie du cerveau survient avant que ces manifestations n'aient eu le temps de se produire. D'ailleurs celles-ci se montrent très rarement d'une façon immédiate, aussi bien chez les animaux excités que chez les animaux narcotisés, lorsqu'on n'a pas pratiqué chez eux l'ablation des hémisphères.
Le plus souvent, ce sont des phénomènes tardifs, ils mettent une heure et demie ou deux heures à se produire ; ils demandent donc une imprégnation profonde de l'axe cérébro-spinal. A ce moment, les effets tendent à se confondre et à devenir semblables chez toutes les espèces.
On a cherché quel pouvait être le point de départ des convulsions, et l'expérimentation a prouvé qu'il fallait en chercher la raison dans l'action directe exercée sur la substance grise du bulbe. En effet, si l'on interrompt les communications de certaines régions avec le bulbe, on voit que, seules, les parties qui ont conservé intactes leurs relations avec le bulbe présentent les mouvements cloniques et les spasmes qui caractérisent la période ultime de l'imprégnation. Cette imprégnation bulbaire se produit avec une extrême lenteur, et devient manifeste seulement quand toutes les autres parties du névraxe ont éprouvé pour leur compte les effets qu'elles subissent sous l'inQuence de la morphine, et même alors que ces effets sont en grande partie épuisés. 11 y a, à ce point de vue, une très grande