‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 425 sur 486 · ACTION SUR LB SYSTÈME NERVEUX · texte numérisé non relu

ACTION SUR LB SYSTÈME NERVEUX

déprimées, même lorsqu'il s'agit des injections de chlorhydrate d'apomorphine cristallisé.

Quelques mots, à présent, sur Faction exercée par Tapomorphine sur le système nerveux. Les modifications qu'on peut observer sont seulement des modifications des propriétés que nous avons reconnues i la morphine, dont certaines électivités sont certainement exagérées. Et en efTet, nous pouvons constater une atténuation des propriétés modificatrices cérébrales et psychiques que détermine l'influence de la morphine, et, au contraire, l'exaltation des propriétés modificatrices bulbo-médullaires que nous avons appris à reconnaître dans Faction de la morphine. Les centres moteurs bulbaires et médullaires sont plus particulièrement excités par l'apomorphine qu'ils ne le sont par la morphine; et quant aux centres cérébraux et psychiques, ils sont complètement en dehors, semble-t-il, de la sphère d'action de l'apomorphine : de sorte que la part prépondérante dans cette excitation revient à Faction bulbaire, ce qui explique à la fois elle vomissement, et l'excitation primitive, et les phénomènes de dépression qui lui succèdent. Ce qui le prouve bien, c'est que la section de la moelle, sur les animaux, empêche les manifestations convulsives de se produire au-dessous de cette section.

D'autre part, on peut observer une action particulière exercée par l'apomorphine sur les extrémités nerveuses périphériques, et on peut voir que, sous son influence, il se produit une zone d'insensibilité dans les régions qui sont en contact immédiat avec la solution de chlorhydrate d'apomorphine. L'excitation des nerfs moteurs, après que l'organisme a été imprégné totalement, provoque des contractions musculaires, sauf dans les régions qui sont imbibées par la solution de chlorhydrate d'apomorphine : là l'insensibilité est absolue, et les réactions nerveuses sont complètement abolies. On constate d'abord une paralysie des terminaisons nerveuses sensitives, avec conservation de la conductibilité centripète ; puis, au bout d'un certain temps en raison des progrès de l'imprégnation, on observe la paralysie motrice avec perte de la conductibilité centrifuge. Ces effets dépressifs généraux dont je parlais tout à l'heure sont donc, d'après ce que nous voyons ici, la conséquence de Faction exercée sur les centres bulbo-méduUaires par le chlorhydrate d'apomorphine cristallisé.

D'ailleurs, l'expérience peut nous renseigner très exactement à ce sujet, et elle est relativement facile à faire : si l'on prépare une

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