‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 428 sur 486 · ACTION PHYSIOLOGIQUE DE LA NARCÉINE · texte numérisé non relu

ACTION PHYSIOLOGIQUE DE LA NARCÉINE

ressauts relativement aux propriétés physiologiques les plus remarquables de la plupart de ces alcaloïdes; et, d'autre part, on a pu, ainsi que je Tai déjà indiqué à propos de la posologie de la morphine et de ses dérivés, faire, sinon de toutes pièces, au moins en partie de toutes pièces, des dérivés de la morphine dont Faction physiologique est assez intéressante à observer.

D*après la classification de Claude Bernard, le plus hypnotique de tous les alcaloïdes de Topium, en ce qui touche Texpérimentation sur les animaux, serait la narcéine : sous son inQuence, oa obtient un sommeil calme, on constate que la sensibilité est plus ou moins émoussée, mais non pas complètement paralysée; elle parait cependant encore plus franchement émoussée qu'elle ne Test sous l'influence de la morphine. Chez l'homme, le sommeil narcéinique se distingue du sommeil morphinique par un calme profond et une absence remarquable de rêvasseries ainsi que d'excitabilité sous l'influence du bruit. Je vous ai montré dernièrement (voir page 690) un tracé de respiration, pouls et tension artérielle pris sur un chien profondément endormi par le chlorhydrate de morphine; ce graphique vous a prouvé combien l'hyperexcitabilité réflexe était facile à éveiller, même pendant la période de narcose profonde ; il n'en serait pas de même sous l'influence de la narcéine.

Fonssagrives considérait la narcéine comme un des instruments les plus précieux de la médication hypnotique et dont les effets somnifères seraient aussi dégagés que possible des actions toxique et convulsivante. Et en effet, le réveil est facile, naturel, sans laisser après lui ni pesanteur de tête, ni cet état nauséeux, cet état d'embarras gastrique qui caractérise le réveil après l'emploi de la morphine, aussi bien que celui qui succède à l'hypnose causée par l'alcool ; on observe, mais cela d'une façon non constaute, une très faible courbature au réveil et un peu de constipation, mais sans hébétude sensorielle ou intellectuelle.

La narcéine détermine également une sédation circulatoire et respiratoire, suivie d'accélération aux doses élevées; elle calme la toux; — c'est là, nous Talions voir, un caractère bien plus développé encore dans d'autres alcaloïdes dérivés de la morphine; — et elle enlève à la toux son caractère spasmodique.

Mais elle exerce sur la sécrétion urinaire une action assez fâcheuse : on a noté, sinon de la véritable dysurie sous son influence, au moins

Page 1