‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 429 sur 486 · ACTION PHYSIOLOGIQUE DE LA CODÉINE · texte numérisé non relu

ACTION PHYSIOLOGIQUE DE LA CODÉINE

une paresse vésicale assez intense, et sur laquelle Debout et Béhier avaient attiré Tattention dès le début. Béhier avait caractérisé cet effet de la narcéine en notant qu'il ne s'agissait pas de douleur au passage de Turine, mais d'une impossibilité de satisfaire le besoin éprouvé : suivant l'expression un peu vulgaire d'un de ses malades mais qui peignait bien la sensation éprouvée par le patient, il avait bien envie d'uriner, mais il était obligé d'attendre que cela voulût bien se décider. C'est là le caractère de l'action de la narcéine sur la sécrétion urinaire; et cette influence se produit également avec d'autres poisons stupéfiants : il y a simplement une sorte de paresse, d'inertie de la tunique musculaire de la vessie pour eflectuer l'élimination de l'urine qui y est contenue.

D'autre part, la narcéine est certainement moins analgésique que la morphine; et elle est anexosmotique, quoique sans action sur le péristaltisme intestinal.

Je vous ai parlé, et ne ferai que vous le rappeler ici, sous le mon d'antispasminey h propos de la posologie des dérivés de la morphine, de cette combinaison de narcéine sodique avee le salicylate de soude, qu'on a tant préconisée il y a quelque temps comme un excellent calmant de la toux, notamment chez les enfants. (Voir page 508.)

La codéine a la propriété de déterminer un engourdissement remarquable des fonctions cérébrales; mais, en même temps, on observe une exaltation de l'excitabilité réflexe de la moelle beaucoup plus considérable encore que sous l'influence de la morphine : elle est même assez considérable pour qu'on lait comparée à celle qui se produit lorsqu'on a séparé la moelle de l'encéphale chez les animaux. Sous l'influence de doses un peu élevées de codéine, on observe des tremblements, puis des convulsions tétaniques; finalement, la perte de la sensibilité et du mouvement. Pour ma part, je ne puis m'empêcher d'attirer votre attention sur ce point : cette exaltation des propriétés convulsivantes et de l'hyperexcitabilité réflexe sous l'influence de la codéine me parait en rapport avec l'introduction d'un groupe méthylique dans la molécule de ce composé : c'est tellement vrai, à mon avis, que la thébaïne, qui représente la diméthyl-morphine, jouit à cet égard de propriétés encore plus accentuées; elle est, certainement, le plus convulsivant des divers alcaloïdes de l'opium.

En définitive, les animaux, quels qu'ils soient d'ailleurs, sont

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