ACTION PHYSIOLOGIQUE DE LA DIONINB
plutôt calmés qu*endormis sous Tinfluence de la codéine; ils restent très excitables par le bruit; et lorsque la dose injectée ou ingérée est suffisante, c'est-à-dire assez forte d'emblée, on voit survenir la mort avec des phénomènes paralytiques et asphyxiques, comme sous l'influence de la morphine. j
On peut dire de la codéine que c'est un bon calmant de certains symptômes fâcheux, notamment de la toux, mais que c'est une substance peu soporifique, peu narcotisante, analgésique, et plutôt exosmotique qu'anexosmo tique : ce serait, à vrai dire, un intermédiaire entre les hypnotiques tels que le chloral et d'autres somnifères capables de déterminer l'exaltation de l'excitabilité réflexe et des convulsions proprement dites. Seulement, une qualité qui imprime à la codéine un caractère tout à fait particulier, c'est l'état d'excitation et d'exhilaration cérébrale assez intenses qu'elle détermine. Le sommeil produit par la codéine est peu profond, les stimulations extérieures sont facilement perçues; et le réveil ne s'accompagne pas des phénomènes désagréables tels que pesanteur de tète, engourdissement de l'esprit, état nauséeux.
Il faut se souvenir, que la codéine,, est une substance assez énergiquement toxique; et qu'on a pu observer, sous son influence, un empoisonnement qui s'est terminé par asphyxie dans le coma, avec une dose de 15 centigrammes seulement.
De la codéine, il y a lieu de rapprocher, comme je l'ai déjà fait à propos de la posologie, cette substance que Grimaux, dans ses premières études relatives à la composition chimique de la morphine, avait appelée Codéthyline, et dont le chlorhydrate est connu sous le nom de Dionine. La dionine est de la codéine diois laquelle le radical méthyle, est remplacé par un radical éthyle. J'ai déjà attiré votre attention sur ce point, savoir, combien cette substitution d'un radical éthyle a un radical méthyle semblait augmenter les propriétés hypnotiques des corps. C'est ce que montre de plus en plus l'eniploi de la dionine, le chlorydrate de la codéthyline, comme calmant et hypnotique. A ce point de vue, la dionine est, certainement, de beaucoup supérieure à la codéine; c'est un sédatif général, c'est un bon hypnotique. Elle facilite la respiration dans une certaine mesure, probablement en raison de ce que, calmant la toux, le rythme de la respiration en éprouve un ralentissement indirect ; et l'on est en train en ce moment-ci, paraîtrait-il, d'en tirer d'excellents résultats relati-
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vement à la cure de la morphinomanie : les injections de dionine permettraient d'arriver assez rapidement à la cessation plus ou moins complète des injections de chlorhydrate de morphine chez les morphinomanes, et cette substitution aurait précisément pour effet de lutter efficacement contre les angoisses de l'état de besoin et de déterminer chez eux des périodes de calme et de tranquillité qu'il est si important d'obtenir chez ces malheureux. Je dois vous signaler ici un effet que j'ai assez constamment observé dans l'emploi de la dionine : c'est une congestion céphalique assez accentuée pour obliger dans certains cas, chez les sujets prédisposés déjà à ces congestions par exemple, à suspendre l'emploi du médicament.
Il nous reste à examiner maintenant, quelques alcaloïdes dont l'importance est beaucoup moindre que celle des substances dont nous venons de parler : ce sont surtout des alcaloïdes doués de propriétés convulsivantes, et c'est à eux, très certainement, qu'il faut attribuer, dans l'action de l'opium, une part prépondérante relativement à l'action excitante, qui relève cependant, comme nous l'avons vu, pour une large part également, de l'action de la morphine.
La papavérine est un alcaloïde dont l'action se montre assez peu énergique chez l'homme; cependant, c'est manifestement un convulsivant : il ne posséderait pas de propriétés soporifiques ni anexosmotiques et serait fort peu analgésique. On a essayé son emploi contre les formes excitées de l'aliénation mentale sans en obtenir de bien bons résulats, mais en raison de son action calmante tout à fait remarquable sur le péristaltisme intestinal, et cela à une dose où ne se produit ni lourdeur de tèle, ni torpeur, ni les inconvénients qu'on peut observer sous l'influence de la morphine, le chlorhydrate de papavérine a donné d'excellents résultats, au point qu'il a été recommandé pour le traitement des diarrhées infantiles, par Leubuscher : je vous ai donné une formule à cet égard. (Voir page SU.)
La thébaïne est le plus convulsivant de tous les alcaloïdes de J
l'opium : cette action serait, à mon avis, tout à fait d'accord avec ce fait que la thébaïne constitue la diméthylmorphine ; ses propriétés convulsivantes sont celles de la codéine, encore exaltées par la nouvelle substitution d'un second radical méthyle au deuxième atome d'hydrogène oxhydrylique de la morphine.
A très faible dose, chez la grenouille, on observe de l'excitation, suivie de coma et de convulsions tétaniques qui se montrent surtout