ACTION SUR LE PÉRISTALTISME INTESTINAL
lisme intestinal, et, surtout, des sécrétions intestinales; elle peut agir de plus, par une action locale, in^sitû; nous l'avons reconnu également.
La narcotine diminue à peine Texcitabilité du péristaltisme intestinal et paraît dépourvue de toute action inhibitricc sur les mouvements péristaltîques.
La papavérine exercerait, ainsi que je vous Tai dit, une action tout à fait remarquable ; elle paralyserait d'une façon notable le péristaltisme intestinal, et remplacerait aisément la morphine à ce point de vue : certains disent même qu'elle lui serait supérieure.
Quant à la thébaïne, c'est une action excitante qu'elle exerce sur le péristaltisme intestinal.
La narcéine, comme la narcotine, serait sans action, sur le péristaltisme intestinal.
La codéine rendrait l'intestin hyperexcilable : d'où les mouvements péristaltiques exagérés; et en cela, d'ailleurs, la codéine, comme vous le voyez, se rapproche dans une assez étroite mesure, de la thébaïne. Il en serait de même pour la cryptopine et la laudanine.
Mais, Messieurs, j'attire votre attention sur ce point, pour vous montrer encore une fois combien l'action de chacun de ces alcaloïdes diffère de l'action de l'opium entier que nous avons étudiée; et, certainement, on peut dire que l'action de l'opium en nature n'est pas due, exclusivement, aux alcaloïdes, qui, dans ce cas du péristaltisme intestinal, ne semblent exercer qu'une influence adjuvante : la morphine ne possède à ce point de vue qu'une action locale. Il est évident que, relativement aux actions produites par l'opium sur les sécrétions intestinales et sur le péristaltisme de l'intestin, les substances autre que les alcaloïdes entrent pour une très large part dans la production de ces phénomènes.
Deux mots seulement, relativement à la Péronine et à V Héroïne, et j'aurai fini les alcaloïdes de l'opium.
La péronine est, comme vous vous en souvenez, un dérivé benzylique de la morphine, dans lequel le radical benzyle est substitué à l'oxhydrile phénolique : les propriétés de cette substance sont principalement narcotiques ; mais, cependant, c'est un narcotique moins énergique que la morphine. Elle est aussi moins convulsivante que la morphine, ce qui est un avantage : sa place vraie serait entre la morphine et la codéine. Elle exerce une action moindre que la
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codéine sur rexcitabilité réflexe; et détermine, comme la plupart des dérivés de la morphine, une constipation assez énei^ique. On Ta considérée comme un excellent sédatif de la toux opiniâtre, notamment chez les tuberculeux et les individus affectés de catarrhe bronchique. Elle aurait des propriétés tout à fait remarquables comme calmant de la douleur chez les individus souffrant de névralgies ou de douleurs rhumatismales.
L'héroïne est la diacétylmorphine : elle agit à dose plus faible que la morphine, bien qu'elle soit certainement moins hypnotique que cette dernière; mais elle est aussi plus convulsivante. Elle aurait la propriété de diminuer dans une assez notable mesure la fréquence des mouvements respiratoires, tout en augmentant leur amplitude, et elle augmenterait ainsi dans une notable proportion la ventilation pulmonaire; c'est la raison pour laquelle ceux qui Tout utilisée depuis quelque temps et qui disent en avoir retiré de si merveilleux effets dans le traitement des maladies des voies respiratoires, attirent tout particulièrement Tattention sur cette faculté de l'héroïne. La sensibilité des centres nerveux aux excitants normaux, à l'acide carbonique et à l'oxygène, semble à peine touchée sous l'influence de rhéroïne; et, au contraire, cette sensibilité pour les excitants mécaniques serait diminuée dans une assez notable mesure, fait qui expliquerait encore les bons effets de Théroïne dans les cas de toux spasmodique.
Enfin, la diminution de la sensibilité qu'on observe sous son influence serait surtout une diminution subjective, comme celle que nous avons reconnue sous Tinfluence de la morphine. Cette héroïne, dont le chlorhydrate surtout doit être employé, parce que l'héroïne en nature est extrêmement peu soluble, exerce surtout ses bons effets comme calmant de la toux, principalement des toux spasmodiques. Mais à cet égard, à mon avis du moins, et en raison de l'expérience que j'ai acquise de ces substances depuis quelque temps, ce serait surtout à la dionine qu'il faudrait s'adresser dans ce cas, ce produit présentant les avantages, non seulement d'une beaucoup plus grande solubilité, mais encore d'une action calmante supérieure à celle exercée par l'héroïne.
Le D' Timothée Saint-Martin a consacré sa thèse inaugurale à l'étude physiologique de l'héroïne qu'il a effectuée sous la direction de M. Guinard.