ACTION PHYSIOLOGIQUE DE L'HÉROÏNE
Les expériences ont montré que, comme avec la morphine, certaines espèces sont narcotisées (chien, lapin, cobaye); d'autres, au contraire, toujours excitées (cheval, âne, chèvre, chat), et subissent rapidement Tinfluence cônvulsivante. A dose faible, Théroïne est calmante et légèrement hypnotique, déterminant plutôt un état d'assoupissement et d'engourdissement qu'un état d'hypnose véritable ; mais on n'observe pas d'inconvénients ni de suites désagréables lors du réveil : aux doses plus élevées, la dépression cérébrale et le calme sont troublés par une tendance à l'agitation qui apparaît franchement aux doses toxiques sous l'influence desquelles on voit apparaître des manifestations convulsives, d'abord sous la forme de mouvements cloniques localisés, d'aspect choréiforme, puis sous la forme de violentes crises tétaniques prolongées.
L'héroïne ne provoque ni nausées, ni vomissements, mais elle exagère le péristaltisme intestinal, tout en respectant les fonctions digestives, ce qui constitue un grand avantage sur la morphine.
La toxicité de l'héroïne est supérieure à celle de la morphine, surtout pour les animaux excités sous son influence. La substitution de deux radicaux acétyle aux deux atomes d'hydrogène oxhydrylique de la morphine a modifié assez profondément les activités que ce dernier alcaloïde est capable d'exercer sur le système nerveux central, en atténuant notablement son influence sur la sphère cérébrale et exagérant ses effets convulsivants et parésiants sur les centres bulbo-méduUaires. Les accidents convulsifs provoqués par l'héroïne sont indépendants des hémisphères, car ils se produisent avec les mêmes caractères chez les animaux écérébrés.
L'héroïne est quinze fois plus toxique que la morphine pour le lapin, quatre fois et demie plus pour le chien. L'âne est tué par une dose d'héroïne trente fois plus faible que la dose de morphine nécessaire pour amener la mort; et la chèvre, si résistante à l'action toxique de la morphine, est tuée par une dose d'héroïne sept fois moindre.
Le cœur et la circulation sont sensiblement affectés par l'héroïne de la même façon que par la morphine : les contractions cardiaques sont renforcées et ralenties; la tension artérielle est abaissée.
Les modifications respiratoires constituent le phénomène le plus important, relativement à l'utilisation thérapeutique de l'héroïne.
Enfin, l'action analgésiante de cette substance médicamenteuse est
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des plus marquées, les modifications imprimées à la sensibilité périphérique sont plus prononcées et plus rapides qu'avec la morphine; et son emploi prolongé n'aboutirait pas aux inconvénients du morphinisme.
Pour terminer Texposé de nos connaissances, relativement à Taction physiologique des principaux alcaloïdes de l'opium, il me reste à reproduire la classification de ces alcaloïdes établie par Claude Bernard comme conséquence de ses recherches expérimentales, et à vous montrer des graphiques représentant l'action exercée sur le cœur de la grenouille.
Classification des alcaloïdes de ropium d'après Claude Bernard.
SOPORinQUE HOMME
ANALGÉSIQUE HOMME