EMPOISONNEMENT PAR L'OPIUM
L*empoisonneinent par ropium constitue le type de ce qu'on a appelé les empoisonnements par les narcotiques. Les caractères généraux de ces empoisonnements sont les suivants : pesanteur de tète, vertiges, exaltation des sens, augmentation de la chaleur, ainsi que de la force des pulsations cardiaques, sécheresse de la goi^e et de la peau, nausées, vomissements, suspension des sécrétions, enfin un prurit très intense souvent accompagné d*éruptions papuleuses ou vésiculeuses ; puis de Tassoupissement que Ton observé quelquefois même sinon dès le début, au moins d'une façon précoce, de la résolution musculaire, un état presque comateux, avec injection de la face, fixité du regard, resserrement plus ou moins accentué de la pupille. D'autre part, la respiration devient assez facilement et rapidement stertoreuse, ce qui est dû à une contracture des muscles du diaphragme et du thorax. Des sueurs abondantes signalent généralement la période de retour, et la guérison s'accompagne du réveil progressif de la sensibilité et de l'intelligence.
L'empoisonnement par les préparations d'opium est, en réalité, très fréquent : cette fréquence tient, d'une part, à ce que très souvent ces substances, et notamment le laudanum ^ sont employées dans un but de suicide et, d'autre part, en Angleterre notamment, comme vous venez de le voir, les enfants paient un très large tribut à cet empoisonnement, par suite de coutumes particulières. Ce sont, dans ce dernier cas surtout, des préparations qui ne constituent pas précisément des préparations pharmaceutiques, et qui sont connues sous les dénominations de Cordial de Godfrey et de Solution sédative de Battlexfy qui deviennent la cause des empoisonnements. Ces produits sont très riches en opium, et on les emploie fréquemment pour calmer les enfants dans les districts ouvriers, comme Sheffield, Manchester, pendant que les parents travaillent au dehors : on administre II, III, ou un plus grand nombre de gouttes de ces solutions aux enfants restés à la maison pour calmer leurs cris et les endormir en l'absence des parents; et c'est la cause assez fréquente d'empoisonnements.
D'autre part, un assez grand nombre d'intoxications doivent être mises à la charge des capsules de pavots utilisées sous diverses formes et dont la richesse en opium est variable, ainsi que je vous l'ai déjà fait remarquer, suivant leur degré de maturité : leur emploi banal offre donc de grands inconvénients et parfois même de grands dan-