‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 437 sur 486 · FORMES POUDROYANTE ET AIGUË · texte numérisé non relu

FORMES POUDROYANTE ET AIGUË

être réparties en trois grandes divisions : la forme foudroyante, la forme aiguë et la forme subaiguë : je ne parle pas de la forme chronique, qui rentre dans Tétude de la morphinomanie et du morphinisme.

En ce qui concerne la forme foudroyante, on observe, presque d'emblée, un sommeil comateux dont rien ne peut triompher, un état de narcose toxique avec respiration stertoreuse ; et la mort est, dans ce cas, assez rarement précédée de convulsions. La pupille est alors dilatée pendant presque toute la durée de l'évolution des accidents toxiques; et c'est à peine si, au début de l'intoxication, on peut observer, pendant un espace de temps assez court, un myosis passager. La mort survient alors, en général, en un espace de temps qui varie de trois quarts d'heure à une ou deux heures. Cette forme foudroyante ne se présente, d'ailleurs, que sous l'influence de l'administration de doses énormes de préparations opiacées, et à la condition qu'à ce moment l'absorption soit facilitée dans toute la mesure possible, et aussi chez les individus présentant pour les préparations opiacées une susceptibilité particulière.

La forme aiguë est, de beaucoup, celle qu'on observe le plus fréquemment. Le début des accidents se montre entre une demi-heure et une heure après l'administration de la substance toxique : chez les enfants ou les individus présentant à l'égard des opiacés un réceptivité particulière, le début des accidents peut s'observer quelques minutes seulement après l'absorption. On a cité, à ce sujet, comme un fait tout à fait exceptionnel, celui d'une femme ayant absorbé, à jeun, 45 grammes de laudanum de Sydenham et chez laquelle le début des accidents toxiques ne s'est montré qu'après quatre heures et demie; elle a présenté une survie de vingt-deux heures, grâce probablement à la quantité relativement considérable de la préparation opiacée qui a entravé l'absorption ; la mort n'a cependant pas pu être conjurée dans ces conditions.

Les symptômes qui caractérisent cette forme aiguë consistent en pesanteur de tête, vertiges, exaltation des sens telle que la lumière, le bruit, surtout, déterminent une hyperexcitabilité réflexe extrêmement remarquable et très douloureuse chez les individus intoxiqués; ils éprouvent en même temps une sensation de chaleur vive, mordicante; le pouls est fort, la peau sèche, la langue et la gorge arides. Surviennent alors des nausées qui ne sont pas toujours suivies de

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