‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 438 sur 486 · INTOXICATION AIGUË ET SUBAIGUË · texte numérisé non relu

INTOXICATION AIGUË ET SUBAIGUË

vomissements mais qui sont accompagnées, et même précédées, de vertiges et d une céphalalgie plus ou moins intense : certains individus sont même à ce moment absolument obligés de se coucher, ils sont pris d'étourdissements tels qu'il leur est impossible de rester debout. On observe à celte période un prurit généralisé, souvent même une éruption vésiculeuse ou papuleuse qui siège principalement sur le tronc et les membres supérieurs; les sécrétions, et notamment la sécrétion urinaire, sont plus ou moins diminuées, parfois même complètement supprimées. Bientôt, les sujets tombent dans un état d'assoupissement profond; la respiration est ralentie, suspirieuse et le nombre des^ mouvements respiratoires peut tomber à six et même à quatre par minute.

Quelquefois, on observe dès le début de l'assoupissement, de la résolution musculaire et une perte complète du sentiment ; la face est injectée, le regard fixe, Fœil absolument insensible à la lumière, la pupille contractée au maximum; la respiration, stertoreuse, devient de plus en plus embarrassée, les extrémités se refroidissent, le pouls s'accélère et devient très petit, misérable; puis la mort survient dans l'état de coma, en un espace de temps variant de cinq à douze ou quinze heures.

Dans certains cas, à l'assoupissement dont je viens de parler fait place, tout d'un coup, une période d'excitation pendant laquelle on voit les individus sortir de leur assoupissement, reprendre connaissance et même parler; mais les sens restent cependant engourdis, comme à demi-voilés : le sujet est dans un état de subdelirium, puis il est repris par de l'agitation, du délire, des cauchemars; ou bien il retombe dans le coma, et l'on peut observer ainsi une série de phases de dépression interrompues par des phases d'excitation, puis la mort survient après un espace de temps variant de deux à quatre ou cinq jours : c'est là ce qu'on a appelé la forme rémittente de l'empoisonnement par Topium.

Lorsque la mort ne doit pas succéder à l'intoxication , on voit la respiration se ranimer graduellement, devenir moins rare et plus régulière et l'individu être littéralement inondé de sueurs profuses; puis, on assiste au réveil progressif de la sensibilité et de l'intelligence; les sécrétions se rétablissent peu à peu : c'est là un indice absolument certain d'une guérison plus ou moins prochaine. A la suite de ces intoxications et pendant plusieurs jours, on observe un grand état de

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