RÉSISTANCE DE LA MORPHINE A LA PUTRÉFACTION
phénomènes très marqués d'excitation à Tinjection sous-cutanée de doses faibles de morphine.
La morphine résiste assez bien à la putréfaction cadavérique, et Ton en a retrouvé une quantité appréciable et susceptible d'être nettement caractérisée sur des cadavres exhumés deux ans après la mort.
Tardieu a pu, sans difficulté, déceler la morphine dans le foie d*un bœuf que Ton avait abandonné durant quarante-cinq jours à la putréfaction, après ravoir, au préalable, additionné de la millième partie de son poids d'extrait thébaïque.
Dans des recherches exécutées sous la direction de M. Ogier au laboratoire de toxicologie, M. J. Dié a constaté la disparition de la morphine au bout d'une année dans du bouillon abandonné à la putréfaction.
Il s'agit ici de circonstances particulières ; et, dans bien des cas, notamment lorsque les milieux dans lesquels se trouve la morphine sont le siège de mutations physico-chimiques intenses et énergiques, cet alcaloïde peut disparaître rapidement et se transformer en des produits incomplètement étudiés sur lesquels je vais revenir dans un moment. Je vous ai cité des faits analogues l'année dernière à propos de la cocaïne*.
En terminant, j'attirerai votre attention sur certaines lésions du système nerveux qui sont absolument d'accord avec les interprétations actuelles de la production du sommeil sous l'influence de l'opium. Pilliet a d'aborli fait des expériences dans ce sens, et ces expériences ont été confirmées ensuite par SarytchofT et, tout dernièrement, par Demoor. Pilliet a injecté à des chiens le premier jour
1 centigramme de chlorhydrate de morphine, deux jours après
2 centigrammes, deux jours plus tard 3 centigrammes, et il a augmenté régulièrement les doses de 1 centigramme tous les deux jours pendant trois semaines. Au bout de ce temps, les animaux furent sacrifiés, et cet expérimentateur constata, dans le cerveau, l'existence de corps granuleux se prolongeant en amas dans la couronne rayonnante de Reil; il nota, d'autre part, la diminution du nombre des grandes cellules de la couche de substance grise, tandis que la couche névroglique externe et la couche des petites cellules
1. Voir Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale^ première série, p. 487 et suiv.