‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 442 sur 486 · LESIONS DU SYSTÈME NERVEUX · texte numérisé non relu

LESIONS DU SYSTÈME NERVEUX

paraissaient normales. Dans le cervelet, il remarqua la présence de quelques corps granuleux dans la substance blanche.

Ces observations ont été complétées par Sarytchoff, qui a décrit dans sa thèse les lésions ci-après, en concordance très nette avec les recherches de Pilliet; c'est chez les chiens également que furent faites ces observations, et elles ont montré que les lésions intéressent les cellules nerveuses et les vaisseaux, tandis que les tubes nerveux et la névroglie restent absolument indemnes. Le cei-veau présentait relativement peu de lésions : les cellules rondes et ovalaires de la région motrice étaient normales, tandis que les cellules pyramidales étaient tuméfiées et à contours effacés. Dans quelques-unes de ces cellules, la substance chromatique avait disparu plus ou moins complètement, le protoplasma prenait un aspect gélatineux, le noyau se colorait mal, le nucléole était brillant; la vacuolisation des cellules nerveuses était des plus évidentes. Les vaisseaux, surtout les veines, se montraient dilatés et gorgés de sang, et, parfois, leurs parois présentaient des dilatations anévrysmatiques. Dans le bulbe, les lésions siégeaient surtout dans les cellules ganglionnaires. Enfin, dans la moelle, les cornes antérieures des renflements cervical et lombaire se sont montrées les parties les plus atteintes.

L'intoxication aiguë est surtout caractérisée par la tuméfaction des cellules, la perte ou l'altération de leurs prolongements et la formation des vacuoles; dans l'intoxication chronique, c'est la dégénérescence granuleuse, ou granulo-graisseuse, du protoplasma qui prédomine.

Comme vous le voyez, les recherches dont je viens de vous indiquer les résultats s'accordent avec celles de Demoor dont je vous ai parlé précédemment, et permettent très bien d'interpréter, par le défaut ou l'insuffisance de contiguïté des prolongements protoplasmatiques et cylindraxiles des neurones, les phénomènes de dépression et de sommeil qu'on observe sous l'influence de l'opium ou de la morphine.

Élimination. Transformations. Localisation. — Quelques mots, Messieurs, sur l'élimination, sur les transformations dans l'organisme, et la localisation de la morphine, ainsi que sur le traitement de l'empoisonnement par cette substance.

D'après Landsberg, le sang et les viscères posséderaient la propriété d'opérer une active métamorphose de la morphine, qui ne

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