ÉLIMINATION — LOCALISATION
culiërement. Cette élimination commence environ deux ou trois minutes après la piqûre. Elle continue très distinctement pendant un espace de temps variant d*une demi-heure à une heure, puis devient très faible et cesse presque complètement au bout de cinquante à soixante minutes. Vous allez voir dans un moment à quoi vont nous servir ces données. Les nausées et les envies de vomir ne se montrent qu'au moment où se fait cette élimination par Festomac; elles peuvent être empêchées par le lavage de Testomac, et, mieux encore, par une pratique que j'indiquerai tout à Fheure comme traitement de Tempoisonnement. La quantité de morphine ainsi éliminée par Testomac est, en somme, assez considérable; elle atteindrait, d'après certains auteurs, au moins la moitié de la quantité injectée; aussi a-t-on observé que les lavages de l'estomac, pratiqués surtout un temps suffisamment court après l'administration de la substance toxique, peuvent atténuer dans une très notable mesure la gravité des phénomènes d'empoisonnement : on peut faire ainsi tolérer aux animaux des doses sûrement mortelles en injection hypodermique, au moyen d'une irrigation stomacale incessante; et ce fait a été confirmé par l'expérimentation sur l'homme. En Angleterre, le D' Edwards Jukes, pour démontrer l'utilité de l'emploi de la pompe stomacale dans l'empoisonnement par les opiacés, absorba une dose toxique d'opium et s'en débarrassa par l'emploi de la pompe, suivi de lavage de l'estomac. C'est à partir de ce moment que la pompe stomacale devint d'une application usuelle en Angleterre.
Quant à la localisation de la morphine, elle s'observe surtout dans le foie, les centres nerveux, la rate, les reins; elle a été signalée à la suite de l'intoxication aiguë, mais elle a été constatée également chez les morphinomanes qui ont succombé accidentellement au cours de la morphinomanie : c'est ainsi que chez un individu, mort après quinze jours d'abstinence complète de morphine, on a pu reconnaître très nettement la présence de cet alcaloïde dans les centres nerveux, la rate, les reins, et en proportion prépondérante dans le foie. Pour ma part, jai constaté ce fait chez un enfant de vingt-six jours, qui avait été empoisonné accidentellement par l'administration dans du lait d'une cuillerée à café d'une solution de chlorhydrate de morphine, substituée par erreur à la liqueur de Van Swieten; la quantité de chlorhydrate de morphine ingérée correspondait, environ, à 6 centigrammes et la mort se produisit, malgré toutes les tentatives de