TRAITEMENT
Le début des troubles dus à Tusage habituel de la morphine varie avec la dose et le degré de réceptivité. La durée de la phase d'augmentation de réxcitïtbUité réflexe est très variablfe, avant que d'atteindre la phase de dépression. Il faut aussi tenir compte des susceptibilités particulières. On- a vu les accidents débuter au bout de six à sept mois, pour des dbses quotidiennes de 3 à 6 centigrammes de morphine. Il faut, du reste, se bien pénétrer de cette idée que ce n'est pas tant la dose que le besoin impérieux et l'habitude de l'emploi qui constituent la morphinomanie.
Sur 1000 cas observés, 40 p. 100 des individus faisaient usage de doses journalières variant de SO centigrammes à 1 gramme ; 25 p. 100 employaient de 10 à 80 centigrammes. On a cité des cas extrêmes où la dose avait atteint 4 grammes de morphine par 24 heures ; on a même relevé des doses phénoménales de 9, 10 et même jusqu'à 12 grammes par jour.
En général, les malades viennent se soumettre au traitement pour la guérison, au bout de 2 à 4 ans après le début de l'usage de la morphine ; on a noté quelques cas d'intoxication morphinique ayant duré 10, 15 et même jusqu'à 40 ans.
Les manifestations symptomatiques du morphinisme sont tellement disséminées et complexes, qu'il est indispensable, pour en faire une étude fructueuse, de les classer par groupes ressortissant à chacun des grands appareils intéressés au cours de l'intoxication.
Troubles du système nerveux. — Au début de l'usage de la morphine, c'est le stade d'euphorie, que l'on pourrait dénommer < la lune de miel de la morphinomanie ». Tout est bien, tout est beau;