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TROUBLES DU SYSTÈME NERVEUX

rien ne semble impossible... Mais celte période heureuse n'a qu'une durée éphémère, et c'est dans l'espoir de la prolonger que Ton augmente peu à peu les doses, de manière à tâcher de permettre aux périodes d'euphorie d'empiéter les unes sur les autres.

Et, dès maintenant apparaît la caractéristique de la morphinomanie : la perte plus ou moins complète de la volonté, l'apathie. A la période d'ivresse morphinique succèdent bientôt les troubles des facultés intellectuelles. D'abord, la perte de la mémoire, particulièrement de la mémoire des noms, ou des connaissances récemment acquises, comme dans la démence sénile. Puis, la perte complète de la volonté; la perception et l'interprétation s'effectuent comme à l'état normal, mais la voHtion est devenue impossible. Le sens moral disparaît également; les individus sont dans un état d'hyposthénie psychique analogue à celui que l'on obsei've au début de la paralysie générale; leur caractère subit de profondes modifications; ils deviennent irascibles, entrent sans raison dans des colères folles, deviennent misanthropes, hypochondriaques.

Chez certains sujets, on remarque une insomnie rebelle; d'autres, au contraire, sont en proie à un sommeil invincible : ces deux manifestations peuvent se présenter alternativement chez le même sujet. Puis, viennent les troubles de la sensibilité générale : des picotements, des fourmillements, des douleurs ostéocopes dans les jambes et dans les bras; des phénomènes d'anesthésie, ou plus souvent d'hyperesthésie ; souvent d'hyperesthésie de la plante des pieds, ce qui provoque chez les individus une démarche sautillante que l'on a pu reproduire expérimentalement chez le chien. La sensibilité tactile est abolie ; chose singulière, on la voit se rétablir chez les hystériques.

Les troubles sensoriels portent plus particulièrement sur la vue, le goût et l'ouïe : l'asthénopie accommodative est extrêmement fréquente, et la contraction spasmodique des muscles accommodateurs constitue une des manifestations les plus désagréables de l'intoxication. On observe des troubles psycho-sensoriels; des hallucinations nocturnes, et même à l'état de veille, de la vue et de l'ouïe, mais bien plus fréquemment des illusions de ces sens. Ces hallucinations nocturnes sont mobiles, sans caractère professionnel; les plus fréquentes sont celles de la vue, puis viennent celles de l'ouïe; celles du goût et de l'odorat sont rares, celles de la sensibilité générale

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