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MÉTHODE DE SUPPRESSION RAPIDE

du sérum artificiel, de façon à ce que Ton soit obligé d'injecter chaque fois un certain volume. Durant ce temps, la psychothérapie du malade devra faire Tobjet des soins les plus attentifs. La suppression complète de la morphine une fois obtenue, il faut considérer et traiter le sujet comme un convalescent pendant un temps assez considérable, triple ou quadruple de celui de la durée du traitement.

Pour donner de bons résultats, ce traitement nécessite l'internement et l'isolement du malade; car, en raison de l'astuce déployée par les morphinomanes, il est presque impossible d'éviter qu'ils se procurent d'une façon détournée, pendant la période de besoin, des solutions de morphine; et M. Dieulafoy a relaté un cas de mort survenue chez un sujet de ce genre à la suite de l'injection, effectuée subrepticement par lui-même, d'une solution de morphine à une dose quadruple de celle qu'on l'assurait employer à ce moment-là pour lui.

Parfois, la substitution momentanée de l'extrait thébaïque, en pilules de 2 centigrammes, à une certaine quantité de morphine — 3 à 4 pilules de 2 centigrammes pour remplacer 10 centigrammes de chlorhydrate de morphine — peut rendre de très utiles services, bien que les malades constatent aussitôt que l'opium ne produit pas chez eux les mêmes effets que la morphine, comme je me suis déjà efforcé de le faire ressortir en faisant l'étude pharmacodynamique de ces deux médicaments.

Dans tous les cas, le malade devra être très étroitement surveillé, et, au moins au début de son traitement, enlevé à ses habitudes et à son entourage. Le seul moyen vraiment efficace pour obtenir un bon résultat, consiste à interner le morphinomane dans une maison de santé. C'est là seulement que pourront être déjoués les subterfuges à l'aide desquels le malade cherche — et réussit dans les conditions de son existence habituelle — à se procurer de la morphine pendant la période d'abstinence.

Enfin, il sera indispensable, pendant toute la durée de la convalescence, de soutenir par des moyens appropriés l'énergie défaillante du cœur.

L'intoxication chronique par l'opium se rapproche tout à fait de l'intoxication par la morphine, et toutes deux, nous venons de le voir, possèdent bien des points de contact avec l'intoxication chronique par l'alcool.

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